Une clinique multiconfessionnelle à Strasbourg

Une clinique multiconfessionnelle à Strasbourg

Bel exemple d'alliance entre confessions protestante, juive et catholique, la clinique verra le jour en 2016.

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Publié le 13 mars 2014

Auteur : Geneviève Daune-Anglard

Issue du regroupement de trois cliniques privées confessionnelles «historiques» et… concordataires de Strasbourg, la clinique Rhéna sera implantée en face du jardin des Deux-Rives à Strasbourg.

Le projet s’est appelé pendant près de quatre ans «projet Tamaris». C’est aujourd’hui «l’opération Rhéna». Rhéna pour le clin d’œil au Rhin, mais aussi pour «Regroupement hospitalier d’excellence né d’une alliance».

Une alliance pas évidente entre trois établissements hospitaliers privés: la clinique Adassa de confession juive, créée en 1878, la clinique du Diaconat, protestante, datant de 1842, et la clinique catholique Sainte-Odile créée en 1909, (voir encadré). Ce qui explique le temps de gestation long, quatre ans, du projet aboutissant ce printemps au début des travaux (voir encadré).

Campus médical

«La nouvelle clinique, explique Philippe Dolfi, président du conseil d’administration de la Fondation Adassa, est un projet multiconfessionnel qui répond à trois critères: un caractère non lucratif; une efficience économique et un exercice libéral de la médecine.» Implantée dans le nouveau quartier des Deux-Rives, en bordure du Rhin, elle sera construite sur un terrain de près de 5 hectares et entourée d’un campus «de santé» avec des maisons médicales pluridisciplinaires et un laboratoire. Rhéna représentera 21% de l’offre de soins et 36% de l’offre chirurgicale de la zone de proximité de Strasbourg avec une forte activité ambulatoire et des urgences qui représenteront 80% des flux.

«Il s’agit de s’adapter au développement de cette médecine ambulatoire, relève Guillaume Lohr, directeur général du regroupement et de la future clinique Rhéna. Ce que les anciens bâtiments ne permettaient pas ou très difficilement.»

Extension possible

Ainsi, il est prévu annuellement 31’000 séjours ambulatoires de quelques heures à une journée, 33’000 passages aux urgences et 17’000 hospitalisations.

Le cabinet d’architecture AIA (Architectes ingénieurs associés) a dû s’adapter à cette contrainte. «Le projet permet des extensions et des évolutions ultérieures, souligne Bruno Follin, du cabinet AIA. On a pensé l’organisation des lieux en fonction de cette grosse activité ambulatoire tout en gardant un bâtiment à échelle humaine.» Celui-ci repose sur un socle de deux étages mesurant 170 m de long sur 70 m de large, surplombés par trois ailes d’hébergement sur quatre niveaux. Deux niveaux supplémentaires réservés à l’administration et aux salles de réunion se rajoutent au niveau d’une tour appelée Le Signal.

La fin du gros œuvre est prévue à l’automne 2015, la réception du bâtiment fin 2016 pour un accueil des premiers patients au premier semestre 2017.

L’ouverture de la clinique devrait coïncider avec celle de la nouvelle ligne de tram desservant le quartier des Deux-Rives et Kehl, dont une des stations sera à 150 m de l’établissement.

La clinique Rhéna en chiffres

  • Le financement de l’opération Rhéna qui se monte à 101 millions d’euros (env. 124 millions de francs suisses) a été assuré en partie par la vente des bâtiments des trois cliniques historiques.
  • Les locaux d’Adassa ont été vendus à des personnalités de la communauté juive de Strasbourg, ceux du Diaconat à l’IRCAD (Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif) et ceux de Sainte-Odile à des promoteurs immobiliers. L’opération a rapporté 25 millions d’euros (env. 31 millions de francs suisses)
  • L’État via le ministère de la Santé et l’Agence régionale de santé ont également apporté 25 millions d’euros
  • Le reste, c’est-à-dire 50 millions d’euros (61 millions de francs suisses) sera apporté sous forme de prêts sur plus de vingt ans par trois établissements bancaires, la Caisse de dépôts et de consignation, la Caisse d’épargne d’Alsace et le Crédit Agricole d’Alsace.
  • Rhéna accueillera chaque année 150’000 patients sur 30’000m. pour 373 lits et places disponibles. Plus de 1100 professionnels de santé travailleront sur le site, qui comprendra 23 salles d’opération et 7 salles d’accouchement.
  • Chaque jour, le site verra passer plus de 3500 passages de véhicules, ce qui rend plausibles les craintes d’accessibilité émises par certains…

Un long cheminement

«Plusieurs projets de rapprochements ont échoué dans le passé. Aujourd’hui, après quatre ans de travail, nous y sommes parvenus.» Philippe Dolfi, président de la Fondation Adassa, résume ainsi le lent cheminement qui a conduit au regroupement d’abord des cliniques Adassa et du Diaconat en 2010 puis le rachat de la clinique Sainte-Odile aux Sœurs du Très Saint-Sauveur en 2011.

«Ce rapprochement est basé sur le respect des cultures de chacun des trois établissements», poursuit Philippe Dolfi. Et sur une vision associative éloignée de la notion d’actionnariat rentable
et performant, comme le souligne Didier Ernst, président du conseil de surveillance du Diaconat. «La question du centre de décision s’est posée. Nous sommes des bénévoles, mais d’anciens managers d’entreprise qui savons décider! Nous avons opté pour le 50/50, la formule la plus difficile, la pire, mais aussi la meilleure quand elle réussit!»

Interrogé sur la position des médecins et du personnel face à ce rapprochement et qui avaient exprimé des inquiétudes, notamment en terme d’accessibilité du nouveau site, le médecin anesthésiste Denis Graff, qui représente la communauté médicale des trois cliniques, affirme que «les réticences se sont effacées». En outre, «ils ont été associés aux différentes phases du projet», y compris architectural, «via le comité de pilotage».

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