La pertinence de la pensée de Tillich pour aujourd’hui

Une analyse d'André Gounelle.

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Auteur : André Gounelle

Publié le 8 mars 2013

Quelle est l’actualité, la pertinence de la pensée de Tillich pour aujourd’hui ? Elle a été élaborée pendant le second tiers du XXe siècle pour l’essentiel. La Systématique a paru il y a quarante ans, on est bien après, est-ce que c’est encore actuel ? Pour ceux de ma génération qui ont découvert Paul Tillich en 1970, ça a été enthousiasmant. On sortait d’une théologie qui était forte, mais qui était un peu étouffante, celle de Barth, ou plutôt celle des barthiens, car Barth est plus grand que les barthiens. Nous avions eu un élément d’avancée avec Bultmann, mais qui vite semblait tourner en rond dès qu’on sortait des problèmes de Nouveau Testament. Et Tillich nous apportait une nouveauté, un monde à explorer, une nouvelle manière de faire de la philosophie.

Alors 40 ans après, qu’est-ce qu’il en est, la génération actuelle doit-elle se délivrer de ses maîtres tillichiens, comme nous avons du nous délivrer de nos maîtres barthiens ? Sans doute, car il faut toujours se délivrer de ses maîtres, c’est une constante que l’on apprend d’ailleurs chez Tillich : il n’y a de maître que celui qui nous fait aller plus loin…

Ce que j’en retiendrai c’est son intérêt pour toutes sortes de domaines à explorer : le domaine de l’histoire, le domaine de la politique mondial auquel il était très attentif, les autres religions, le domaine de l’art. C’est très important car si l’homme occidental n’est plus très sensible aux valeurs spirituelles, il est très sensible à ce qui se dit à travers l’art. Selon Taylor, l’expérience de l’art pour l’homme contemporain est ce qu’il y a de plus proche de l’expérience que l’homme d’autrefois faisait du sacré. Tillich est très attentif à l’art et il aurait tendance à comprendre le Nouveau Testament à l’image d’une œuvre d’art. Il parle souvent de Jésus comme d’une image, ce n’est pas pour dire que Jésus n’était pas un personnage réel, mais c’est pour essayer d’avoir une approche esthétique du Nouveau Testament.

Là, il y a une grande leçon, cette façon d’être ouvert à différents domaines et à essayer de les mettre en relation. Quand on demandait à Tillich le mot par lequel il voulait se définir, il disait vouloir être un penseur de la frontière. Et il expliquait que les frontières n’étaient pas des lieux de séparation, mais de passage, de dialogue. Il estimait qu’il avait été à la frontière entre le XIXe et le XXe siècle, entre l’Europe et les États-Unis, entre le christianisme et les autres religions. Et c’est là que l’on devrait tous être, théologiens, chrétiens, aux frontières, ouverts à l’altérité, sans perdre pour autant sa propre identité. Découvrir l’autre sans renoncer à soi-même est une des grandes leçons de la pensée de Tillich.

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