ÉVANGILE DU DIMANCHE

L’appel à la vigilance de Jésus

Dans quatre semaines les chrétiens fêteront Noël, la naissance de Jésus. Pour ce premier dimanche de l'Avent, le chapitre 13 de l'Evangile de Marc nous invite à à la vigilance et à l’écoute. Les explications du théologien Antoine Nouis.

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Publié le 29 novembre 2020

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00:07 Lecture de Marc 13, 33-37
00:53 Introduction
01:46 Points d’exégèse
03:51 Actualisation
07:04 Illustration

29 novembre 2020 : Mc 13.33-37 – 1er dimanche de l’avent

Introduction

1er dimanche de l’avent, commencement de l’année liturgique.

Thème de l’avent important pour la théologie car il évoque l’attente, qui est une protection contre tous les intégrismes.

Particularité de la foi chrétienne = Croire en un Dieu que nous attendons, c’est-à-dire que la foi est plus un désir, une aspiration, une attente qu’une capture.

Si Dieu est Dieu, il échappe à toutes les images que nous pouvons nous faire de lui.

Points d’exégèse

Attention sur deux points.

Au verset 35 :

Veillez donc, car vous ne savez pas quand viendra le maître de maison. Le verbe est au présent en grec : il faudrait traduire : Vous ne savez pas quand vient le maître de maison. La venue du Christ n’est pas un futur mais un présent. (Dans la même veine, le Christ ne revient pas, il vient). Spiritualisation du thème de la venue du Christ.

Dans le même verset : Vous ne savez pas quand vient le maître de maison et le texte se poursuit : le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou au matin. C’est le seul évangile qui évoque le chant du coq en dehors du reniement de Pierre. Or vous savez que selon la tradition, l’évangile de Marc a été rédigé par un disciple de Pierre. Ce n’est pas un hasard si la tradition proche de Pierre est la seule qui ait osé rappeler – par une sorte de clin d’œil – le reniement de Pierre à cet instant.

Dans la tradition rabbinique, le coq est celui qui réveille les humains. L’allusion au coq est une autre façon d’insister sur l’importance d’être éveillé.

Pistes de prédication

1 : Thème = la veille. Veiller, cela ne veut pas dire ne pas dormir… car le sommeil est une bénédiction de Dieu.

Bonne et mauvaise veille comme bon et mauvais sommeil.

Le bon sommeil, c’est celui de Jésus qui dort dans le bateau quand les disciples affrontent la tempête

Le mauvais sommeil est celui des disciples qui ne sont pas capables de veiller avec le Christ quand il mène le combat de la prière à Gethsémané.

Jésus ne dit pas : Ne dormez jamais. Il dit : Demeurer en moi dans votre veille et dans votre sommeil. Veiller, c’est vivre notre sommeil en Dieu.

2 : Thème : L’attente. Une deuxième piste de prédication est de s’interroger sur ce que nous attendons. Dans ce temps qui précède Noël, nous pouvons nous interroger : qu’attendons-nous vraiment ?

Les vacances, une augmentation, la fin du confinement, une promotion, un changement de vie… Ces attentes sont légitimes, mais ce n’est pas ce dont parle l’Évangile. Il nous invite à attendre… la venue du Christ dans noter vie et dans notre histoire.

La venue du Christ, c’est plus de foi, plus de paix, plus d’amour, plus d’espérance, plus de réconciliation… Ce qui est le thème de l’avent : Viens Seigneur Jésus.

Dis-moi ce que tu attends et je te dirai qui tu es.

Ne nous trompons pas d’attente.

3 : Thème : Lutte contre l’habitude. J’aime bien l’expression du pape François qui dans un de ses textes définit la foi comme la lutte contre la dégradation de l’émerveillement.

Soyons honnête : au début de notre conversion nous étions étonnés, émerveillés… et puis nous nous sommes habitués.

Les temps de l’Église sont comme une pédagogie qui attire notre attention sur un point particulier de la foi. L’avent est un appel à la veille à la lutte contre l’habitude. Un appel qui nous invite à retrouver l’étonnement, la fraicheur, à se redire : « Aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie » pour reprendre le titre d’un film.

Une illustration

Pour terminer, une illustration. À propos de l’attente, j’aime cette réflexion de Ben Gourion qui a été le premier Premier ministre de l’État d’Israël. Il se prétendait agnostique, mais avait une vision assez juste de l’attente en disant que la tension était plus importante que la réalisation. Il disait : « À mon avis, le Messie n’est pas venu, et je n’attends pas le Messie. Quand on trouvera son adresse dans l’annuaire, il ne sera plus le Messie. La grandeur du Messie est qu’on ne connaît pas son adresse, qu’on ne peut pas le joindre et que personne ne sait dans quel type de voiture il roule, ni même s’il en conduit une, s’il voyage à dos d’âne ou encore sur les ailes d’un aigle. La seule utilité du Messie est qu’il ne vienne pas, car l’attente du Messie est plus importante que le Messie lui-même, et le peuple juif vit dans cette attente, dans sa croyance en lui. Sans cela, le peuple juif n’existerait pas. »

Production : Fondation Bersier
Intervenant : Antoine Nouis

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