Je suis protestant : Bettina Cottin, Pasteur et Aumonière

« Je suis pasteur depuis plus de 25 ans. Je suis allemande, née à Berlin. J'ai fait ma formation théologique à Berlin et à Rome. »

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Publié le 27 juin 2013

« Je suis pasteur depuis plus de 25 ans/ Je suis allemande, née à Berlin. J’ai fait ma formation théologique à Berlin et à Rome. Et ensuite je suis venu en France pour cause de mariage. Mon poste actuel, c’est l’aumônerie universitaire protestante. J’ai vraiment découvert les contenus de la foi protestante dans l’enseignement religieux à l’école. Je trouvais ce que l’on pouvait en faire en tant que personne, en tant que jeune, très pertinent, très intéressant. Et en même temps la liberté de pouvoir entrer en discussion, de chercher, qu’il n’y a pas une vérité tout faite, mais qu’il y a encore des choses à chercher.

Est-ce que c’est difficile d’être pasteur et femme ? Pour moi, ça coulait de source puisque la parole biblique qui m’anime pour faire ce ministère, c’est que nous sommes ambassadeurs du Christ, et que nous relayons la parole de la réconciliation, ce que Dieu veut dire à l’humanité. Ça, c’est dans le deuxième épître aux corinthiens et c’est ça qui m’anime. Je trouve que les femmes sont très portées sur la parole, sur la communication et aussi portées par le souci de la réconciliation. Donc je lis la Bible, je me dit : « Ceci est pour moi. Ceci, je le fais. »

Comment peut-on amener les gens à devenir protestant ? Nous sommes une Eglise qui n’a pas pour but de les amener à devenir protestant, mais de leur offrir cette possibilité et peut-être pour commencer, de les informer que cette possibilité existe. Il y a quand même quelque chose qui s’est développé ces derniers temps, et que je trouve très convaincants, c’est le travail des artistes. Il y a des artistes qui se définissent eux-même comme agnostiques, non-croyants ou en recherche, et qui font des œuvres qui sont d’une justesse, d’une interpellation, et aussi d’une beauté, qui mettent quelque chose en marche, qui mettent quelque chose en route. Surtout en arts-plastiques. Et là autour peut s’engager un dialogue, une recherche, une discussion, et ensuite un cheminement personnel. Et nous voyons que cela intéresse vraiment les gens et les jeunes.

Le protestantisme évolue, évidemment. Tout le monde évolue. Il y a, malheureusement, je le dis très sincèrement, toute une partie du protestantisme qui évolue vers la violence. Une partie intégriste qui n’est pas le fait de notre Eglise, mais ce sont toujours des protestants qui font ça, qui évoluent vers l’intolérance, vers la fermeture vis-à-vis des autres religions et la fermeture aussi vis-à-vis de toute la spiritualité non-violente. Donc ça, on le déplore. Mais il faut toujours le savoir, l’homme est capable du meilleur comme du pire. Donc là on le voit aussi dans le protestantisme.

Là où j’espère quand même plus, ce sont les ouvertures vers la vie moderne, les ouvertures œcuméniques, et dans le cadre de celles-ci, la redécouverte d’une vie spirituelle méditative. L’importance d’une empreinte non-violente dans toute la vie, que ce soit au niveau de l’action, au niveau de la consommation, une éthique, mais qui côtoie aussi une façon d’être et une façon d’être vis-à-vis de l’autre, qui donne à l’autre sa place. Et là, en tant que protestant, je pense que nous sommes avantagés car nous n’avons pas à avoir peur. Nous n’avons pas à avoir peur de disparaître un jour ou tout cela puisque nous vivons de la grâce de Dieu. Donc je crois vraiment que là, nous pouvons aller de l’avant avec courage et, j’allais dire de la tolérance, mais c’est mieux que de la tolérance. Je crois que c’est vraiment la reconnaissance de l’autre, la reconnaissance. Et il y a aussi une franche du protestantisme qui évolue vraiment à la base dans les familles, chez les jeunes. C’est toute une galaxie dont on n’a pas forcément une vue d’ensemble. c’est notre fardeau, mais aussi un peu notre chance. Le protestantisme est un peu comme un jardin à moitié sauvage. Mais aussi ce qui est sauvage est plus près de Dieu. »

Cette vidéo fait partie de la série : Je suis protestant
Réalisation : JMAGE – Jeremy Frey
Production : JMAGE – Maud Lambert
Diffusion : Meromedia – Isabelle Fiévet-Rossignol

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