Manuel Valls au synode : « L’apport des religions peut être positif »

Manuel Valls au synode : « L’apport des religions peut être positif »

Entretien exclusif avec Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, en charge des cultes, quelques heures avant son intervention au synode. 

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Publié le 6 mars 2015

Auteur : Frédérick Casadesus

De quelle façon regardez-vous le rassemblement de l’Église Protestante Unie ?

Il s’agit d’un moment historique pour le protestantisme français, un beau signe d’intelligence. C’est aussi un moyen de faire vivre le mot « réforme » et de ne pas rester ancré dans des certitudes, des schémas, lorsque des évolutions s’avèrent nécessaires. Être présent au synode national a été pour moi l’occasion de rendre hommage à l’influence et à la place que le protestantisme a dans notre pays. Les courants spirituels, philosophiques ou politiques minoritaires, portés par une détermination supplémentaire, irriguent la  société, notamment ses élites.

Quels sont les axes qui, selon vous, doivent dessiner la politique de l’État vis-à-vis des Églises ?

Il n’y en a qu’un seul, et il vaut pour les Églises et tous les cultes : la laïcité. La France est un creuset. Au fil de son histoire, les apports successifs ont façonné notre pays, non pas sous l’influence unique des religions, mais beaucoup grâce à elles. La laïcité, qui est le fruit d’un compromis, a garanti son unité en tirant un trait catégorique entre ce qui relève de la sphère publique et ce qui tient à l’intimité spirituelle de chacun. La laïcité impose à tous de se retrouver dans le même idéal de citoyenneté, le respect des lois. Elle n’est pas l’expression d’une ignorance, d’une indifférence, pire d’une hostilité vis-à-vis de la religion. Elle dit simplement que la religion n’a pas d’emprise sur l’État, lequel doit rester neutre. La République n’a pas à se prononcer sur le fait de croire ou de ne pas croire, elle doit laisser à chacun sa liberté. Voilà qui constitue la singularité et la force de la France. Et appliquer ces principes à des nouveaux Français, des Français d’origine étrangère, qui peuvent nourrir un rapport différent à la sécularisation, me semble un beau défi pour nous tous. […]

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