Soyons idéalistes !

Soyons idéalistes !

« L’idéal est pour nous ce qu’est une étoile pour le marin. Il ne peut être atteint mais il demeure un guide. »

Un contenu proposé par Signes des Temps

Publié le 4 mars 2015

Auteur : Claire Bernole

Vous avez peut-être déjà eu l’occasion de vous faire taxer d’idéaliste, et je suis presque certaine que ce n’était pas tout à fait sur le ton du compliment… Pourtant, celui qui s’efforce de tendre vers un objectif élevé devrait être considéré comme particulièrement méritant. Seulement voilà, l’idéal est, par définition, difficilement réalisable, voire impossible à atteindre. Si bien que tout ce qui le rend digne d’intérêt : sa grandeur, sa noblesse, sa perfection, se transforme aussitôt en autant de raisons de nous faire baisser les bras. Ne faut-il pas être fou pour se lancer dans la quête d’un objet que nous n’obtiendrons jamais ? Ainsi, les idéalistes passent parfois pour des fanatiques ou, au mieux, pour de doux rêveurs qui gaspillent leur énergie et leur temps. Le renversement est réussi : au lieu d’être admiratif de ceux qui osent prendre le parti de valeurs élevées, en dépit des difficultés que cela représente, on se moque de leur combat, on tourne en dérision leurs aspirations, on décourage leur volonté.

Certes, nous l’avons déjà souligné, un idéal – de quelque nature qu’il soit – est difficile à atteindre. Cela nous dispense-t-il pour autant de toute tentative ? Trop souvent, nous utilisons cette parade pour nous protéger d’hypothétiques échecs ou du mépris de ceux qui ont les pieds sur terre. Les idéaux tombent alors en désuétude. Pourquoi les conserver ? Sont-ils autre chose que de veilles illusions ? N’est-ce pas la voie de la sagesse que d’opter pour des solutions plus réalistes ? Même si elles ne sont pas parfaites, au moins auront-elles l’avantage de pouvoir être mises en pratique sans trop de complications…

Un jour, quelqu’un de chrétien, un homme d’expérience, qui était considéré comme plein de sagesse par son entourage, m’a dit que l’amour du Christ – qui ne dédaignait pas de partager son repas avec des hommes ou des femmes peu recommandables – n’était rien d’autre pour lui qu’un idéal de jeunesse ; que confronté au monde, à l’église et à la vie de tous les jours, il fallait savoir se montrer pragmatique ! En fait, cela ne m’a pas vraiment étonnée : il en coûte toujours de tenir certaines positions. Mais si vous recherchez et défendez « la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur », vous saurez – comme l’a écrit l’apôtre Paul – que vous combattez « le bon combat » (Timothée 6.11, 12).

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