« En démocratie, les débats peuvent être rugueux, les oppositions peuvent être vives, mais rien n’autorise l’escalade des violences. »

Le passage à tabac mortel de Quentin D. constitue une honte. Les images, largement diffusées, montrent un déchaînement de brutalité qui aurait dû susciter un consensus immédiat pour condamner sans ambiguïté la montée aux extrêmes. Or, au lieu d’unité, les réactions ont souvent été traversées d’arrière-pensées et d’instrumentalisations.

La France insoumise est mise en cause pour ses liens avec des militants impliqués. Mais l’extrême droite ne saurait se poser en modèle vertueux : des groupuscules néofascistes et néonazis ont également gravité autour des rassemblements d’hommage, rappelant que la violence prospère aux deux extrêmes.

La radicalisation du discours politique ne conduit pas mécaniquement aux coups. Mais elle les encourage. Elle installe un climat où le face-à-face devient acceptable, où la peur de l’autre et le culte de la force fragilisent le consensus républicain construit après 1945.

Ce n’est pas céder à la nostalgie que de rappeler cette exigence. C’est reconnaître une urgence.

«Aucune cause, aucun camp, aucune radicalité ne mérite qu’on y perde la démocratie — ni qu’on y perde une vie.»

«Défendre la démocratie suppose un refus radical de la violence politique, d’où qu’elle vienne.»

Production : Fondation Bersier – Regards protestants
Remerciements : François Ernenwein
Entretien mené par : David Gonzalez
Technique : Horizontal pictures, Paul Drion