À quelques mois des élections municipales de 2026, la campagne s’intensifie à Nîmes. Dans un café du centre-ville, Valérie Rouverand évoque son parcours, ses convictions et les raisons qui l’ont conduite à s’engager en politique. À 60 ans, cette protestante engagée revendique un fil conducteur clair : le sens du service et l’attention aux plus fragiles.

Un engagement nourri par la foi et le terrain

« J’ai toujours été engagée », explique-t-elle. Un engagement qui remonte à son enfance, inspiré par sa mère et nourri par une longue participation à la vie associative et ecclésiale. À Nîmes, ville marquée par une forte histoire protestante, Valérie Rouverand a été membre du conseil presbytéral, monitrice de catéchisme pendant plus de vingt-cinq ans et impliquée dans de nombreuses initiatives paroissiales.

Sur le plan professionnel, elle travaille dans la formation et accompagne des jeunes dans la prise de parole ou la préparation d’examens. Elle conseille également des élus sur l’exercice de leurs responsabilités. « J’accompagne les personnes à révéler leurs talents », résume-t-elle.

L’éducation et les quartiers populaires au cœur du combat

Son entrée en politique n’était pourtant pas programmée. Elle est le fruit de rencontres. Repérée lors d’un projet éducatif porté par une entrepreneuse protestante, elle est sollicitée pour rejoindre une équipe municipale. Après plusieurs refus – ses enfants étant encore jeunes – elle accepte finalement en 2014 de s’engager dans la vie publique.

Élue adjointe à l’éducation, elle prend alors en charge les 83 écoles de la ville de Nîmes. Une expérience qui la marque profondément. « J’ai découvert l’ampleur des fractures sociales. Quarante pour cent des élèves vivent dans des quartiers prioritaires », explique-t-elle. Plus tard, en s’occupant de la rénovation urbaine et de la politique de la ville, elle mesure aussi l’ampleur des difficultés dans certains quartiers.

Pour elle, la politique locale peut encore agir. « Il n’y a pas de baguette magique, mais il y a une volonté politique. Il faut de la sécurité, bien sûr, mais aussi investir dans l’éducation, la culture et le sport. »

« La politique reste un service pour les autres »

Elle évoque notamment le décrochage scolaire, qui concernerait selon elle près de 900 jeunes à Nîmes. « Ce qui est le plus terrible, c’est que certains enfants sont récupérés aux portes de l’école par les réseaux. Il y a peu d’espoir pour ces jeunes si la ville ne s’engage pas. »

C’est aussi cette conviction qui l’a poussée à se présenter comme tête de liste pour les municipales. Une décision prise il y a un an, dans un contexte politique qu’elle décrit comme « exigeant et parfois rude », notamment pour une femme. « Au début, on n’est pas forcément prise au sérieux. Mais la détermination finit par s’imposer. »

Elle revendique un positionnement politique modéré et centriste, proche du mouvement Renaissance, tout en affirmant sa liberté de conviction. « Il y a de bonnes idées à droite, de bonnes idées à gauche. L’important est de travailler pour l’intérêt général. »

Dans une ville marquée par une histoire religieuse plurielle, Valérie Rouverand insiste également sur l’importance du dialogue entre les communautés. Elle a notamment participé à des initiatives autour du comité interreligieux et de la laïcité.

« Nîmes reste une ville de croyances et de passions », estime-t-elle. Pour elle, la foi protestante nourrit aussi son engagement. « Ce qui m’anime profondément, c’est l’amour du prochain. Quand on s’engage pour une ville, on doit le faire pour améliorer la vie des habitants. »

Et dans ce combat politique, elle affirme garder un objectif simple : « redonner du lien entre les habitants et offrir une chance à chaque enfant ». À ses yeux, la politique n’a de sens que si elle permet de changer concrètement la vie des habitants – à commencer par celle des enfants qui, aujourd’hui encore, cherchent leur place dans la ville.

Production : Fondation Bersier – Regards protestants
Remerciements : Valérie Rouverand
Entretien mené par : Jean-Luc Mouton
Technique – Rédaction : Paul Drion, David Gonzalez