Afghanistan : continuer d’agir, même quand tout semble fragile
« Puisqu’on est frères en humanité, il y a une intention à avoir d’aller aussi vers ces endroits compliqués pour nous. »
Alors que l’Afghanistan revient dans l’actualité internationale à la faveur de nouvelles tensions régionales et d’épisodes d’escalade de frappes militaires, la situation humanitaire demeure critique. Séismes à répétition, logements effondrés, accès difficile à l’eau, à la nourriture et aux abris : pour des dizaines de milliers de personnes, l’urgence ne s’est jamais arrêtée.
Présente depuis plus de vingt ans dans le pays, l’ONG adventiste ADRA poursuit son action dans un contexte marqué par l’instabilité politique et sécuritaire. « ADRA est présente depuis 20 ans en Afghanistan, ce qui témoigne d’une capacité de neutralité et d’être perçue comme un organisme qui fait du bien à la population », explique Michael Paita, vice-président d’ADRA France.
« C’est un chemin de crête. »
Après le séisme de septembre, qui a causé plus de 2 000 morts et des milliers de blessés, l’organisation est intervenue dans la phase post-urgence : accès à l’eau, distribution de nourriture, abris temporaires. Une attention particulière est portée aux femmes et aux enfants, souvent moins visibles dans l’accès aux secours. « Il y a une véritable intentionnalité dans nos pratiques pour prêter attention aux populations vulnérables », souligne-t-il.
Organisation d’inspiration chrétienne, ADRA revendique une éthique claire : agir sans imposer. « Le respect absolu, ça veut dire ne jamais faire dépendre une aide d’une adhésion à une croyance. » La motivation religieuse nourrit l’engagement, mais ne conditionne jamais l’assistance.
Face à l’ampleur des besoins, le découragement pourrait s’installer. Pourtant, Michael Paita défend une autre logique : « Changer le monde, ce n’est peut-être pas pour demain. Mais changer une vie, c’est 100 % de réussite pour cette personne-là. »
Même dans un pays lointain, même dans un contexte fragile, l’engagement humanitaire demeure, pour ADRA, une manière concrète d’aimer son prochain – proche ou éloigné.
« Changer une vie, c’est 100 % de réussite pour cette personne-là. Son monde à elle est complètement changé. »
Production : Fondation Bersier – Regards protestants
Remerciements : Michael Paita
Entretien mené par : David Gonzalez
Technique – Rédaction : Paul Drion, David Gonzalez
