14.11.2021 : Marc 13.24-32 – La venue du fils de l’homme

Introduction

Lors de sa dernière semaine à Jérusalem, Jésus se trouve avec ses disciples devant le temple et ces derniers admirent la majesté du monument. Cela donne à Jésus l’occasion de tenir son discours sur la fin des temps en prophétisant la chute du bâtiment.

Comme l’annonce est explosive pour les religieux, Jésus utilise un langage codé, celui du langage apocalyptique, pour annoncer la crise qui se profile. Comme tout langage codé, il a besoin d’être interprété.

Points d’exégèse

Attention sur deux points.

1 – Nul ne connaît l’heure

Ce jour ou cette heure, nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, personne sinon le Père. Jésus n’annonce pas un événement précis puisque nul ne connaît le jour ni l’heure, il déshistorise la fin des temps pour l’inscrire dans le présent de chacun de ses disciples. Pour chaque fidèle, c’est aujourd’hui que le Christ vient, c’est aujourd’hui que les idoles s’effondrent, c’est aujourd’hui qu’il juge le monde, c’est aujourd’hui qu’il rassemble ses élus.

2 – Image du figuier

Jésus utilise l’image du figuier dont la pousse des feuilles annonce la venue de l’été. Il avait déjà utilisé le figuier après l’épisode des rameaux comme image du temple qui est beau et majestueux, mais qui est stérile et que Jésus maudit. La pousse de nouvelles feuilles évoque une nouvelle saison. Après le temps de l’effondrement, vient le temps de la renaissance. Dans la Bible, il n’y a pas d’épreuve qui ne soit suivie d’un recommencement.

Pistes d’actualisation

1er thème : Le Christ vient

On verra le fils de l’homme venir. Le Nouveau Testament ne dit jamais que le Christ revient, mais qu’il vient. Dire que le Christ vient, c’est dire qu’il échappe à nos saisies, qu’il est au-delà de ce qu’on peut en dire.

Le théologien Jürgen Moltmann a parlé de christologie intégrale pour dire qu’à tout moment, le Christ est celui qui parle, qui guérit, qui est crucifié, qui ressuscite, qui est présent et qui vient. La foi est dans une tension permanente entre les différents temps du Christ.

Chaque fois que je suis menacé par le découragement dans ma foi, je peux me dire que le Christ vient dans mon histoire pour tout renouveler.

2e thème : La venue du Christ et la chute des idoles

La venue du Christ est accompagnée de signes cosmiques : l’obscurcissement du soleil et de la lune, ainsi que la chute des étoiles. Ils évoquent la fin du monde, mais on peut aussi les entendre dans un sens symbolique.

Nous pouvons interpréter ce verset autrement en nous souvenant que le soleil, la lune et les étoiles sont dans le Premier Testament des idoles devant lesquelles on s’incline. L’obscurcissement du soleil et la chute des étoiles signifient alors la fin de l’idolâtrie. Selon cette hypothèse, la venue du Christ n’évoque pas la fin du monde, mais l’émergence d’un nouveau monde, sans idoles.

Nous pouvons passer en revue les idoles de notre temps : L’argent, le divertissement, la télévision, la politique, le sport … La venue du Fils de l’homme nous libère de ces idoles.

3e thème : Cette génération ne passera pas

Là encore, nous sommes conduits à l’interprétation car la génération du Christ est passée et la venue du fils de l’homme ne s’est pas réalisée comme le raconte ce passage. Plusieurs hypothèses ont été proposées comme la résurrection ou la chute du temple.

Dans le cadre de notre lecture spirituelle, nous pouvons entendre que Jésus ne parle pas du cadre de notre histoire, mais de notre vie de foi : Toutes les générations doivent considérer qu’elles ne passeront pas avant la venue du Christ. Cette venue est comme aiguillon qui nous appelle à ne pas nous assoupir dans notre vie spirituelle et toujours remettre de la foi dans nos choix. C’est ce que dit Paul dans le verset de l’épître aux Romains : D’autant que vous savez en quel temps nous sommes : c’est bien l’heure de vous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus proche de nous que lorsque nous sommes venus à la foi. La nuit est avancée, le jour s’est approché. Rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière (Rm 13.11-12).

Une illustration – La venue du Messie

Une belle illustration de la spiritualité de la venue du Messie se trouve dans cette citation de David ben Gourion qui n’était pas religieux : « À mon avis, le Messie n’est pas venu. Quand on trouvera son adresse dans l’annuaire, il ne sera plus le Messie. La grandeur du Messie est qu’on ne connaît pas son adresse, qu’on ne peut pas le joindre et que personne ne sait dans quel type de voiture il roule, ni même s’il en conduit une, s’il voyage à dos d’âne ou encore sur les ailes d’un aigle. » Autrement dit, le Messie échappe à notre saisie.

Ce qu’il dit du messianisme, nous pouvons le dire de la venue du Christ.

Pour aller plus loin :
Le théologien Antoine Nouis reçoit Laurence Belling, protestante réformée, chargée de la catéchèse des jeunes dans son église, pour discuter de Marc 13, 24-32 : https://campusprotestant.com/video/la-venue-du-fils-de-lhomme/

Production : Fondation Bersier
Intervenant : Antoine Nouis