Série courte mais puissante, Adolescence frappe d’abord par sa forme : quatre épisodes tournés chacun en plan-séquence, sans coupure, qui plongent le spectateur au cœur d’un drame familial. L’arrestation d’un adolescent accusé de meurtre ouvre un récit tendu où s’entremêlent sidération, doute et incompréhension. La virtuosité de la réalisation sert une immersion totale : nous avançons avec les parents, avec la police, avec l’adolescent lui-même, dans une situation dont la complexité se dévoile progressivement.
Dans ces deux chroniques, Vincent Miéville revient d’abord sur le triomphe de la série aux Emmy Awards 2025 – six récompenses majeures – avant d’en analyser la portée sociétale. Loin du sensationnalisme, Adolescence interroge la construction de l’identité masculine, l’impact des réseaux sociaux, les mécanismes d’influence et les fragilités propres à l’adolescence. Mais elle pose aussi une question plus vertigineuse : que voient réellement les parents ? Que comprennent-ils de ce qui façonne leurs enfants ?
À travers cette double chronique, la série apparaît comme un miroir de notre temps. Sans voyeurisme, mais avec une frontalité assumée, elle met en lumière la violence contemporaine et les dérives possibles d’une société hyperconnectée. Une fiction qui ne donne pas de réponses simplistes, mais qui oblige à regarder en face ce qui traverse aujourd’hui familles, écoles et générations.
Production : Fondation Bersier – Regards protestants
Remerciements : Vincent Miéville
Entretien mené par : David Gonzalez
Technique : Horizontal pictures, Quenstin Sondag
