« Les femmes miroirs, ça ne marche pas pour moi. Je n’ai pas envie d’être cette femme-là. Ce qui m’intéresse, ce sont des femmes inspirées, qui portent autre chose qu’elles-mêmes, une lumière plus grande qu’elles. Et finalement, c’est cela qui les rend beaucoup plus puissantes. »
Il ne s’agit pas de célébrer des héroïnes inaccessibles ni de dresser des statues. Dans Inspirées, Olivia de Fournas choisit seize femmes d’aujourd’hui dont le point commun n’est pas systématiquement la notoriété ni la réussite sociale, mais une forme d’inspiration intérieure. « Ce qui m’intéresse, dit-elle, c’est qu’elles portent autre chose qu’elles-mêmes, une lumière plus grande qu’elles. »
Parmi elles, Ayyam Sureau, fondatrice de l’école Pierre Claver à Paris, dédiée aux demandeurs d’asile. Une femme discrète, qui parle volontiers au pluriel plutôt qu’au singulier, et qui a fait de l’hospitalité une vertu cardinale. Héberger des réfugiés chez soi, considérer l’autre « comme le Christ », faire quelque chose plutôt que rien : chez elle, la cohérence entre parole et actes impressionne.
« Elle ne dit presque jamais “je”, elle dit toujours “nous”. Et quand je lui ai demandé si elle avait hébergé des réfugiés chez elle, elle m’a répondu : “Bien sûr.” Pour elle, accueillir l’autre, c’est accueillir le Christ. »
Le livre fait aussi place à deux protestantes : la théologienne Marion Müller-Colard, dont l’écriture explore un Dieu “intranquille”, et Aurélie Barnabé, psychothérapeute évangélique marquée par une conversion radicale après une jeunesse blessée. Chez toutes, la foi ne s’exhibe pas ; elle infuse le quotidien.
Olivia de Fournas revendique une autre définition de la puissance. À rebours des modèles médiatiques, elle préfère ces femmes “passeuses”, capables de transmettre, de laisser place à plus grand qu’elles. Être inspirée, explique-t-elle, c’est peut-être d’abord cela : « ne pas se prendre pour Dieu, mais laisser la place à quelque chose de plus grand que soi ».
Un livre énergisant, qui propose moins des modèles à copier que des vies à contempler – et à laisser travailler en soi.
« Faire quelque chose plutôt que rien. Si l’on quitte cette vie en ayant laissé une trace positive, on peut partir le cœur léger. »
Production : Fondation Bersier – Regards protestants
Remerciements : Olivia de Fournas
Entretien mené par : David Gonzalez
Technique : Paul Drion
