Croire sans s’enfermer
Dans sa chronique hebdomadaire, Stéphane Lutz-Sorg s’arrête cette semaine sur un podcast inspirant : l’émission de France Culture à laquelle a participé Marion Muller-Colard au mois de mars. La théologienne protestante y revient sur ce qui traverse son œuvre et sa pensée : la foi, l’écriture, la Bible, mais aussi le doute, l’embarras et la nécessité de ne jamais réduire la religion à une mécanique de certitudes.
Ce qui frappe, dans cet échange, c’est d’abord sa méfiance à l’égard d’une religion conçue comme une « grille de lecture totalisante et cohérente ». Marion Muller-Colard s’en défie résolument. À rebours des discours qui veulent tout expliquer, elle défend une foi plus humble, plus ouverte, plus attentive à l’expérience humaine.
La Bible, la littérature et l’interdiction du désespoir
L’entretien donne aussi à entendre son amour de la littérature, inséparable pour elle de cette « grande bibliothèque » qu’est la Bible. Écrire, dit-elle en substance, consiste à « tâtonner les uns vers les autres » : une formule qui résume bien son travail, à la fois intime et tourné vers autrui.
Stéphane Lutz-Sorg rappelle aussi combien cette parole s’enracine dans des engagements concrets : son passage à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, sa participation au Conseil national d’éthique, ou encore son travail à la tête des éditions Labor et Fides à Genève. Tout converge ici : le souci du livre, le désir de rendre le religieux « intelligible et intelligent », et la volonté de ne pas abandonner la religion aux fondamentalismes.
Au fond, c’est peut-être là le cœur de ce moment radiophonique : une parole pascale, grave et lumineuse, portée par une conviction simple et forte. Grâce à la Bible et à la foi, dit Marion Muller-Colard, elle s’interdit le désespoir.
Production : Fondation Bersier – Regards protestants
Remerciements : Stéphane Lutz-Sorg
Technique – Rédaction : Paul Drion, David Gonzalez
