Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle ère mondiale ? Décryptage de la situation internationale avec Laurence Desjoyaux, rédactrice en chef pour le magazine La Vie.

Larence Desjoyaux intitulé votre dernier article paru dans la Vie le 6 janvier : “l’heure des fauves” en référence aux bras de fers internationaux qui se jouent en ce moment. Sommes-nous face à des crises ponctuelles comme on en connaît chaque année ou un profond changement de l’ordre mondial ? 

On pense par exemple à l’intervention de Trump, on peut se dire que c’est une prolongation d’un impérialisme américain qui a existé dans le passé et que ce n’est pas 100% nouveau. Depuis la doctrine Monroe, du nom de James Monroe, le cinquième président des États-Unis, il y a un peu une doctrine américaine qui dit que les Européens ne doivent pas intervenir sur le continent latino-américain. En échange, les États-Unis sont neutres dans les affaires européennes. Dès ces années-là, 1823, on parle du corollaire Roosevelt en 1904. Là, on passe un peu un cran, puisque les États-Unis s’arrogent un peu un droit d’ingérence dans les affaires latino-américaines. Ce qui me semble vraiment être du ressort d’un changement d’air, c’est l’attitude de Trump vis-à-vis du Groenland. Il s’attaque directement à un membre de l’OTAN. Là, on est dans quelque chose de nouveau, puisque le parapluie des USA qui protégeait les membres de l’OTAN est à minima percé. On ne sait pas encore comment l’affaire du Groenland va se terminer mais on peut quand même se dire que c’est la fin d’un ordre mondial hérité de l’après-Guerre mondiale. Dans ce nouvel ordre, on aurait  d’un côté des grandes puissances qui peuvent tantôt s’opposer, mais aussi tantôt être dans une forme de connivence, et de l’autre, des états un peu de second rang, dont on fait un peu partie malheureusement, qui seraient sommés de s’aligner.

Laurence Desjoyaux nous révèle les acteurs clefs de ce début d’année 2026 et leurs intentions.

Les USA cherchent à reprendre l’influence sur leur sphère. Cette politique de sphère est aussi adoptée par les autres géants comme la Chine et la Russie. L’idée c’est de contrôler sa zone d’influence, à la fois pour sécuriser ses propres frontières, se créer un espace autour sûr, et puis, éventuellement, prédater les ressources de cette sphère. L’Europe est aussi un de ces acteurs clefs, prise comme un lapin dans les phares d’une voiture.

Une émission de Phare FM