Le printemps marque chaque année le redémarrage de la nature : les sols se réchauffent, la sève remonte, les premiers bourgeons apparaissent. Et pour les jardiniers — amateurs comme professionnels —, c’est la période la plus stratégique pour assurer la santé et la beauté de son jardin pour le reste de l’année.
Pour comprendre pourquoi cette saison joue un rôle aussi central et quels gestes adopter, j’ai reçu Josué Wirtz, paysagiste et élagueur.
Pourquoi tout se joue au printemps ?
Pour Josué, la réponse est limpide :
« De la même manière qu’on fait le ménage de printemps dans la maison, on nettoie le jardin pour préparer l’arrivée des beaux jours. »
Le printemps marque non seulement le réveil des végétaux, mais aussi la possibilité d’intervenir avant que les plantes ne soient totalement en feuilles — un moment clé pour les tailles et la remise en état des terrains.
Une année particulière : sols fragilisés et remise en état urgente
Cette année, certains gestes sont encore plus cruciaux.
« On a eu de grosses intempéries et de la neige en janvier. Il faut absolument remettre en état le sol, notamment le gazon : ramener un peu de terreau, resemer, ramasser les feuilles mortes, souffler… »
Un sol tassé, détrempé ou abîmé peut compromettre toute la saison.
Un rattrapage de printemps est donc indispensable.
Le grand nettoyage de printemps : par où commencer ?
Josué intervient aussi bien chez les particuliers que dans les collectivités. Sa méthode est toujours la même :
- Nettoyer le sol : ratisser, souffler, enlever tout ce qui encombre.
- Tailler intelligemment : supprimer le bois mort, sécuriser les branches dangereuses.
- Préparer la végétation pour qu’elle reparte « de plus belle ».
Un nettoyage bien fait, c’est la base d’un jardin en bonne santé.
Faut-il suivre la nature… ou s’adapter au terrain ?
La réponse de l’expert est sans ambiguïté :
« C’est le terrain qui commande. »
Bien sûr, il y a des règles :
- éviter les tailles fortes en période de canicule,
- respecter les oiseaux et vérifier l’absence de nids,
- éviter les stress hydriques,
- arroser régulièrement le gazon.
Mais l’observation reste l’outil le plus précieux du jardinier.
Ces erreurs courantes… que l’on commet sans le savoir
Certaines pratiques sont très répandues, mais dangereuses pour les végétaux.
Josué voit souvent :
« Des tailles sévères avec la tronçonneuse. On privilégie des coupes plus fines, plus légères, dans le respect du végétal. »
Une taille brutale peut provoquer :
- des maladies,
- un affaiblissement de l’arbre,
- une repousse anarchique,
- voire des risques de chute de branches.
Le mot d’ordre : mesure et précision.
Quels outils pour bien débuter ?
Bonne nouvelle : inutile de se ruiner.
Selon Josué, la base indispensable comprend :
- un bon sécateur (environ 30 €),
- un râteau,
- un arrosoir ou pot,
- et un souffleur électrique.
Avec cela, un particulier peut déjà entretenir son jardin de façon efficace et respectueuse.
Arrosage : ni trop, ni trop peu
Pour éviter les excès, l’expert recommande l’arrosage en balayage automatique :
« On laisse tourner entre 30 minutes et trois quarts d’heure, puis on déplace le système selon la surface. »
L’objectif : hydrater, mais ne pas noyer.
La grande question : quand tailler ?
Beaucoup pensent que la taille commence quand il fait beau.
Pourtant :
« Il faut s’y prendre dès novembre et jusqu’à mai maximum, surtout pour les fruitiers. »
Et si on a raté le coche ?
« Pas de panique ! Les arbres ne sont pas encore totalement en feuilles : on peut y aller. Mais pas de taille drastique : on fait de l’ornement, 15 à 20 cm sur un bourgeon. »
Entre esthétique et respect du végétal : le dilemme du paysagiste
Les clients ont parfois des demandes surprenantes.
« On conseille, on accompagne, on rassure. Le plus important, c’est le respect du végétal. Et maintenir la confiance du client. »
La justesse se trouve dans l’équilibre entre attentes esthétiques et santé de la plante.
Quelles plantes choisir au printemps ?
Question fréquente !
Josué avoue une faiblesse :
« J’ai une affinité pour les érables japonais : très colorés, magnifiques. »
Mais tout dépend des goûts, des besoins… et du terrain.
Quels végétaux éviter ?
Réponse immédiate :
« Le palmier ! On en voit de plus en plus, mais ce n’est pas du tout adapté notamment en Alsace. »
Le climat reste le premier critère de choix.
Vers un jardinage plus responsable et harmonieux
Josué espère un changement durable dans les habitudes :
« Respecter l’environnement, mais aussi ses voisins : tailler les haies, éviter les débordements, prévenir les conflits. Les végétaux sont toujours plus beaux quand ils sont entretenus, pas laissés en friche. »
Une émission de Phare FM.
