L’hiver, avec ses journées raccourcies et son manque d’ensoleillement, met parfois notre corps et notre moral à rude épreuve. Près de 20 % des Européens ressentent une baisse notable de moral en hiver liée à la diminution de luminosité, un véritable blues hivernal, aux mécanismes biologiques bien établis. Emeline Kreiss, neuropsychologue et rédactrice du magazine Croire et Vivre, nous aide à comprendre le lien entre lumière, santé et bien-être.
La lumière joue un rôle déterminant dans notre santé physique, mais influence également notre humeur, notre motivation et, plus largement, notre bien-être psychologique. À la sortie de l’hiver, de nombreuses personnes ressentent une baisse notable de moral liée à ce manque de luminosité.
Recevoir de la lumière nous donne beaucoup d’énergie, notamment la lumière du soleil qui produit de la vitamine D et agit directement sur le corps. Elle régule correctement notre cycle d’éveil et de sommeil, ce qui nous donne une meilleure santé.
La luminosité blanche ou bleue épanouit beaucoup notre créativité, notre productivité, bref, stimule le cerveau tout au long de la journée. On a également une meilleure humeur, un meilleur bien-être ressenti lorsqu’il y a plus de luminosité autour de nous.
Un manque de lumière peut être quelque chose d’assez désagréable dans le ressenti et peut aussi provoquer de la dépression ou une déprime saisonnière. On voit aussi des conséquences d’un excès de lumière, notamment de la pollution lumineuse ou des travailleurs de nuit qui peuvent avoir des problèmes de stress ou de cancers. Donc il ne faut ni trop peu de lumière, ni trop de lumière pour pouvoir réguler correctement notre corps et notre bien-être.
Alors que la saison hivernale perturbe nos rythmes internes, la lumière joue un rôle essentiel pour retrouver équilibre et énergie. Comment stabiliser notre horloge interne et améliorer la qualité du sommeil grâce à la lumière ?
Lorsqu’on perçoit la baisse de lumière bleue ou de lumière blanche, c’est-à-dire lorsque le soleil se couche et donne des tons jaunes, oranges, roses, notre corps va sécréter de la mélatonine, c’est-à-dire l’hormone du sommeil. Une fois qu’il fait tout noir, on est vraiment plein de mélatonine et on peut s’endormir tranquillement. Et puis au matin, la lumière blanche ou bleue du soleil va augmenter, cela sécrète l’hormone de l’éveil qui s’appelle le cortisol, et va nous indiquer que cette fois-ci, il faut être actif. Ce rythme-là est très important pour avoir une bonne santé. Il est donc important de privilégier le jour la lumière bleue et blanche, et la nuit, la lumière jaune, orange, rose.
Lorsqu’on passe du temps au bureau, sur la route ou dans les transports, il n’est pas toujours possible de profiter des bienfaits de la lumière naturelle. Pourtant, il existe des solutions pour compenser ce manque, notamment la luminothérapie, qui permet d’en reproduire les effets bénéfiques.
Dans les transports, on subit la lumière artificielle intense et blanche, qui va être une lumière d’éveil et de créativité, de productivité. En revanche, lorsqu’on revient chez soi le soir, il est important de pouvoir utiliser des lampes plus diffuses, plus jaunes, plus ocres. Et puis si le moral baisse et que notre environnement n’est pas très lumineux, on pense à la luminothérapie qui est une forme de thérapie par la lumière, avec des lampes ou des réveils qui transforment l’ambiance lumineuse en quelque chose de proche du rythme du soleil. Et puis on peut penser aussi aux compléments en vitamine D, la vitamine qui manque lorsqu’on n’a pas assez d’exposition au soleil.
Une émission de Phare FM.
