Les allergies réspiratoires touchent de plus en plus de personnes. Elles surviennent lorsque notre système immunitaire réagit de façon excessive à certains allergènes, déclenchant une réaction inflammatoire qui va toucher les voies respiratoires. Rhinites, asthmes, troubles du sommeil, les allergies respiratoires peuvent peser lourdement sur le quotidien, en particulier chez les enfants. Passons les allergies respiratoires sous microscope avec le docteur Frédéric Le Guillou, allergologue et pneumologue, également président de Santé respiratoire France.
Les allergies respiratoires correspondent à une réaction excessive de notre système immunitaire face à des substances qui, normalement, sont présentes dans l’air que l’on respire et que l’on appelle des allergènes. Je rappelle que l’on respire plus de 15 000 litres d’air par jour. Et finalement, au lieu d’ignorer ces allergènes, notre corps va les identifier comme une menace et va produire des substances qu’on appelle des anticorps, qui vont déclencher tous les mécanismes de la réaction allergique avec les symptômes qui peuvent concerner le nez, la gorge, les bronches, etc.
Si certaines personnes vont déclencher des réactions allergiques, cela s’explique en partie par certaines prédispositions génétiques, qui vont les rendre sensibles à ces allergènes. Certains produits de notre quotidien vont également augmenter le risque de développer des allergies respiratoires.
Il existe une prédisposition génétique familiale pour pouvoir avoir ce terrain allergique qu’on appelle aussi le terrain atopique. C’est un élément parmi d’autres. À cette prédisposition s’ajoute l’environnement, puisque la plupart des maladies respiratoires, dont font partie les maladies allergiques, sont des maladies environnementales. Et enfin, les allergènes, évidemment. On vit plus de 90 % de notre temps à l’intérieur, que ce soit au domicile, au bureau, dans un transport, et on y respire un certain nombre d’allergènes comme les acariens, les poils d’animaux ou encore les moisissures. D’autres allergènes sont à l’extérieur de notre habitat, tels que les pollens en particulier.
Certaines choses peuvent aussi aggraver les réactions, voire les déclencher. On les trouve dans notre environnement, tout le monde les connaît. On trouve en premier le tabagisme, mais aussi tous les parfums d’intérieur qui sont des irritants et les bougies parfumées qui dégagent des toxiques. Les sprays ménagers peuvent aggraver les allergies à cause des gaz et des composés qui peuvent être compris dedans. Il faut bien sûr nettoyer son environnement mais ne pas le désinfecter. Quand on désinfecte, on déséquilibre tout l’environnement qu’il y a autour de nous et toutes les substances que l’on est susceptible d’inhaler en modifiant leurs caractéristiques et en rendant plus faciles les allergies.
À l’extérieur, la pollution est évidemment un facteur aggravant, en particulier les particules diesel qui fragmentent les allergènes, qui peuvent alors pénétrer plus profondément dans notre arbre respiratoire. 30 % de la population française est actuellement concernée.
Si on peut avoir certaines prédispositions génétiques, on ne naît toutefois pas allergique, on le devient en grandissant. Il n’y a pourtant pas d’âge pour voir apparaître les premiers symptômes des allergies respiratoires.
Ça peut survenir à n’importe quel âge. Ceci dit, c’est quand même rare avant l’âge d’un ou deux ans, parce qu’il faut quand même avoir une certaine maturité du système immunitaire pour pouvoir déclencher les réactions. Il faut tout d’abord avoir une sensibilisation et c’est lors de la réexposition suivante qu’on va avoir les manifestations cliniques. La première manifestation clinique que l’on a avec l’âge pour le terrain allergique est l’eczéma. Même si ce n’est pas une allergie respiratoire en elle-même, quand on a un enfant qui a de l’eczéma quand il est tout petit, c’est un fort risque qu’il puisse développer ensuite une rhinite voire un asthme quand il grandit, quand il a plus de deux ans. Mais on peut devenir allergique à n’importe quel âge, y compris à 70 ans, ce n’est pas un problème, c’est juste une réaction immunitaire.
Les symptômes des allergies respiratoires peuvent être variés en fonction des zones touchées. Il est toutefois possible de les traiter et même de guérir de ces allergies.
Selon la zone que ça touche, ça peut donner une rhinite puisque l’air pénètre d’abord par le nez. Le premier organe atteint sera donc le nez avec des éternuements à répétition, un écoulement extrêmement clair comme de l’eau, ça gratte également au niveau du nez et on peut avoir le nez bouché ou le nez qui coule dans l’arrière-gorge, ce qui peut entraîner une toux. Les yeux peuvent également être touchés et entraîner des conjonctivites, avec des yeux rouges, larmoyants, des yeux qui grattent et qui brûlent. Et puis l’asthme. C’est une maladie des bronches, qui va donner des symptômes de bronchite, avec une toux. On peut être essoufflé également à l’effort, tousser à l’effort ou lors du rire. Tout ça est dû à l’allergie. C’est la même cause avec une expression des symptômes différente selon l’organe touché.
On peut traiter et guérir des allergies respiratoires. Il faut essayer de limiter le contact avec l’allergène. S’il s’agit des acariens, des poils d’animaux ou des moisissures, il faut aérer le logement, laver les draps, bien aspirer pour éviter d’avoir des poussières. On a des traitements médicamenteux qui existent pour traiter les symptômes, c’est-à-dire des anti-allergiques. Le seul traitement qui permet vraiment de guérir, c’est la désensibilisation, c’est-à-dire qu’on s’attaque vraiment à la cause et on rééduque le système immunitaire en donnant des petites doses d’allergènes tous les jours, pour pouvoir rééduquer le système immunitaire et guérir de la maladie.
Une émission de Phare FM.
