Comment fonctionne la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens et quel est son but ? Questions posées au pasteur Pierre Blanzat, responsable du Service des relations avec les Églises chrétiennes pour la Fédération protestante de France.

Historiquement encadrée par la fête d’une relique attribuée au disciple de Jésus, Pierre, à Rome, célébrée le 18 janvier, et la commémoration de la conversion de l’apôtre Paul, actée au 25 janvier, cette semaine particulière semble, au premier abord, donc, plus sonner catholique à son origine remontant à l’année 1908…

Dans l’Église catholique, c’est vrai que ça remonte à cette période-là. Mais il y avait déjà des prémices avant, notamment dans l’anglicanisme. On peut aussi tracer des sources plus anciennes. La semaine qui avait été lancée par l’Alliance évangélique remonte au XIXe siècle. Bien avant, il y a eu des chrétiens qui ont prié pour l’unité et, à l’origine de tout ça, il y a la prière de Jésus même pour l’unité des disciples.

Décider de s’unir au même moment autour d’un même sujet, au-delà des sensibilités chrétiennes différentes et des expressions de foi parfois même opposées, envoie sans aucun doute une image particulière à la fois aux croyants qu’aux non-croyants.

Pour moi, c’est précisément redonner la place à la prière de Jésus qui était soucieux de l’unité de Ses disciples, parce qu’Il avait conscience que de cette unité-là, de cette communion-là, dépendait la crédibilité de la parole de l’Évangile.

Cette année, le thème retenu est tiré du livre aux Éphésiens dans la Bible, chapitre 4 verset 4 : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance. ». À travers le monde, plus de 2,5 milliards de chrétiens sont ainsi appelés à prier ensemble pour l’unité de l’Église, car, à l’image des premiers disciples, sans unité en interne, pas d’impact en dehors des murs des églises.

La question de l’unité, c’est vraiment une question qui traverse non seulement les relations entre les églises, mais chaque église elle-même, travaillée par des tensions, et parfois, des divisions. Et puis, c’est aussi une réalité qui concerne la vie de chacun. Finalement, nous-mêmes, on peut se sentir parfois un peu divisé en nous-mêmes.

Cet événement annuel est une invitation effective à faire de la prière un acte de dévotion régulier, jusqu’à produire des effets notables dans le monde cette année, alors même que les tensions et instabilités ne cessent d’occuper l’actualité, et parfois, avec insistance.

Un acte de dévotion et de résistance aussi. Parce que, finalement, prier pour l’unité, c’est entrer en résistance contre toutes les forces de division, qu’elles soient internes ou externes. Alors, ça me semble être un grand enjeu, non seulement pour les églises, mais aussi pour le monde. Notre monde est vraiment très divisé lui-même, de plus en plus polarisé, et manifester un désir d’unité, je crois que c’est aussi un témoignage dans le monde qu’il est possible de vivre une vie pacifiée, réconciliée.

Cette année, la Semaine de prière pour l’unité a été préparée par les chrétiens d’Arménie, un pays qui a la foi chevillée au corps depuis longtemps, puisque, plus de 20 ans avant Rome, ce pays avait choisi la foi chrétienne pour l’ensemble de cette nation. Mais c’est un pays aussi qui a traversé beaucoup de difficultés et un peuple chrétien qui a été martyr, non seulement à travers le génocide, mais aussi à travers l’actualité d’aujourd’hui. Pour moi, c’est une manière de vivre une attention particulière avec tous ces lieux où la foi est souvent malmenée. On pense aux chrétiens d’Orient, parce que les Arméniens sont des chrétiens d’Orient, mais, en définitive, aux chrétiens qui luttent parfois pour vivre librement leur foi dans différents endroits du monde.

Plusieurs matériels sont mis à la disposition des fidèles depuis plusieurs mois. En France, ces ressources sont à retrouver sur le site Internet unitedeschretiens.fr

Une émission de Phare FM.