Origines et engagement de Sarah Monod

Née en 1836 et décédée en 1912, Sarah Monod est une figure souvent méconnue mais essentielle du mouvement féministe en France. Tout au long de sa vie, elle s’est consacrée à améliorer la condition des femmes et des enfants. Issue d’une famille protestante, elle a été profondément influencée par sa foi, ce qui l’a menée à s’engager dans diverses œuvres philanthropiques. En 1901, elle devient la première présidente du Conseil national des femmes françaises (CNFF), la branche française du Conseil international des femmes. Cette organisation, encore active aujourd’hui, était la première structure féministe d’envergure en France, regroupant de nombreux adhérents et militants.

Sous la direction de Monod, le CNFF a œuvré pour divers droits des femmes, bien avant que le suffrage féminin ne soit au centre des revendications. Son implication dans le CNFF a permis de structurer le mouvement féministe en France, lui donnant une base solide pour les luttes futures. Elle a été une pionnière en intégrant la philanthropie et l’action politique, montrant que l’amélioration des conditions de vie des femmes passait aussi par des réformes législatives.


Les luttes pour les droits des femmes

Les revendications du CNFF sous la présidence de Sarah Monod étaient variées. Bien que le droit de vote pour les femmes n’était pas initialement une priorité, il est devenu un objectif majeur en raison de l’importance politique que cela représentait. Les militantes du CNFF comprenaient que sans poids politique, leurs efforts pour améliorer la condition féminine seraient limités. Une des réussites notables du CNFF a été l’obtention, en 1906, du droit pour les femmes mariées de conserver leur salaire, une avancée considérable après dix ans de pétitions et de démarches.

Sarah Monod et ses collègues ont compris que les réformes sociales et humanitaires étaient essentielles pour le progrès des droits des femmes. Leur action ne se limitait pas au suffrage, mais s’étendait à l’ensemble des conditions de vie des femmes, en particulier celles des milieux populaires. Le CNFF a également travaillé à la réforme des prisons, s’inspirant des modèles anglais pour améliorer le traitement des détenues. L’implication de figures internationales, comme l’anglaise Elizabeth Fry, a renforcé ces initiatives, montrant l’importance de la solidarité internationale dans le mouvement féministe.


Héritage et reconnaissance de Sarah Monod

L’impact de Sarah Monod sur le féminisme français est indéniable, bien que souvent sous-estimé. En tant que présidente du CNFF, elle a jeté les bases d’un féminisme structuré et organisé, prêt à affronter les défis du XXe siècle. En 1900, elle est élue présidente du CNFF, rôle qu’elle occupera jusqu’à sa mort en 1912. Son engagement a été crucial pour des réformes législatives importantes, bien qu’elle ait dû souvent lutter contre l’indifférence et l’opposition.

Aujourd’hui, l’héritage de Sarah Monod est de plus en plus reconnu. La ville de Paris a décidé de lui rendre hommage en nommant une place en son honneur dans le 12e arrondissement, près des diaconesses, une congrégation protestante avec laquelle elle a longuement collaboré. Cette reconnaissance tardive mais méritée souligne l’importance de son travail pour les droits des femmes et l’égalité. Les archives du CNFF, conservées à l’Université d’Angers, sont une ressource précieuse pour les chercheurs et les féministes d’aujourd’hui, témoignant de l’étendue et de la profondeur de son engagement.


Grand visage de la Communauté des Diaconesses de Reuilly, qui fut également présidente du Conseil National des Femmes françaises.

Coproduction : Fondation Bersier – Regards protestants / Éditions Ampelos
Intervenants : Gabrielle Cadier, Éric Peyrard