Fraternité…

En cette semaine de fête nationale, le point de vue de Florence Taubmann, pasteure du Service protestant de mission (Défap), sur la devise de la République.

Le point de vue de Florence TaubmannFraternité. Alors que la liberté et l’égalité sont à la fois des principes affirmés et des utopies que l’on espère réaliser – elles relèvent de la décision humaine -, la fraternité remonte aux origines : nous avons les mêmes parents et un même sang coule dans nos veines. Mais cette fraternité originaire s’accompagne d’une rivalité non moins originaire. Le premier meurtre de la Bible est celui d’un frère par son frère. Viendront ensuite Isaac et Ismaël, Jacob et Esaü, les fils de Jacob, plus tard ceux de David et, dans l’Evangile, Jacques et Jean prêts à se disputer pour savoir lequel sera le plus près de Jésus.

Interrogé par Dieu après son crime, Caïn pose la question : Suis-je le gardien de mon frère ? Être frère, c’est en effet être gardien de son frère. Mais il faut transformer la sur-veillance rivale, jalouse, mortifère du frère par la bien-veillance qui fait naître le respect, la compassion, l’entraide. En effet, la fraternité ne peut s’arranger de la politique du pire, de la lutte frontale où personne n’écoute personne. Elle doit se traduire par une culture de la négociation, de l’échange, du compromis. Il y a ce qui se doit, il y a la loi, et il y a ce qui excède : c’est-à-dire ce qui peut être fait en plus en faveur du frère parce qu’il s’agit d’un frère, et qu’envers lui je choisis la reconnaissance et le dialogue contre l’indifférence, la bien-veillance contre la rivalité, l’écoute contre le jugement, la miséricorde contre la condamnation sans rémission.

La fraternité se construit forcément sur le pardon. C’est pourquoi Jésus invite à reconnaître comme enfant d’un même Père non seulement l’étranger mais aussi l’ennemi – le négateur de toutes nos valeurs – qu’il faut aimer et pour lequel il faut prier. Comme le fit Jésus dans la parabole du bon samaritain, il faut retourner la question de Caïn et se demander de qui nous sommes frères ? La réponse s’impose : Je suis le frère de celui envers qui je me comporte dans un esprit de fraternité. Et en faisant cela j’exerce ma liberté souveraine et je dépends pleinement de la force que Dieu, le Père, me donne.

Télécharger la prédication complète de la pasteure Florence Taubmann

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