« Les onze dernières années ont été les onze plus chaudes jamais enregistrées. » C’est ce qui ressort du bilan climatique de l’observateur Copernicus, chargé de collecter des données sur l’état de la Terre, publié ce mercredi 14 janvier 2026. L’année précédente a ainsi été la troisième plus chaude jamais enregistrée, avec seulement 0,01 °C et 0,13 °C de moins par rapport à 2023 et 2024. La période qui s’étale sur les trois dernières années a par ailleurs affiché une température moyenne de plus d’1,5 °C par rapport au niveau préindustriel, seuil qui avait été fixé par l’accord de Paris, adopté en 2015.
Des données qui tendent à prouver la situation de réchauffement global et durable dans laquelle se trouve la planète bleue. Selon une étude publiée par une cinquantaine de scientifiques moins d’une semaine plus tôt dans la revue Advances in Atmospheric Sciences, l’année 2025 représente également un record en matière d’absorption de chaleur par les océans, rapporte Sciences et Avenir.
La quantité supplémentaire stockée équivaudrait à « 12 bombes atomiques d’Hiroshima explosant chaque seconde de chaque jour de l’année », d’après l’auteur de l’étude, le professeur à l’Institut de physique atmosphérique (IAP) de l’Académie chinoise des sciences (CAS), Lijing Cheng.
Un impact pas seulement environnemental
Pour la responsable stratégique pour le climat du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, Samantha Burgess, « l’accord de Paris n’est pas enfreint, […] et qu’il est trop tôt pour dire si nous sommes dans une nouvelle phase d’accélération permanente du réchauffement climatique, ou si cela relève de la variabilité naturelle du climat ». L’objectif de limitation du réchauffement à 1,5 °C d’ici 2030 fixé par le traité devrait cependant être dépassé régulièrement si les choses continuent à évoluer au même rythme, souligne Le Monde. Les pôles, indicateurs fiables et fortement touchés en 2025, ont respectivement connu l’année la plus chaude jamais enregistrée pour l’Antarctique, et la deuxième année la plus chaude pour l’Arctique.
Alors que chaque degré ou portion de degré compte, les politiques environnementales sont en recul à l’échelle mondiale, notamment du côté des États-Unis de Donald Trump, qui représentent le deuxième pays le plus pollueur du globe. Du côté de l’Europe, les émissions de gaz à effet de serre ont encore baissé, toutefois à un rythme moins soutenu. À noter que les événements climatiques se sont multipliés et ont engendré des pertes économiques importantes à l’échelle de la planète à hauteur de 224 milliards de dollars, selon les chiffres du réassureur Munich Re. Si les incertitudes sont nombreuses quant à ce que nous réserve l’année 2026, pour Samantha Burgess il ne fait nul doute qu’elle comptera parmi les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées.

