Donald Trump a annoncé, mercredi 2 avril, une hausse des droits de douane pour les produits importés aux États-Unis. Le président des États-Unis a imposé un tarif plancher de 10% sur toutes les importations aux États-Unis. De nombreux pays sont aussi touchés par des taxes supplémentaires, comme l’Union européenne, dont les marchandises seront taxées à 20% dès le 9 avril. Pour Jean-Marc Siroën, professeur émérite d’économie, interrogé par franceinfo : « Le consommateur va payer en grande partie ces droits de douane ». Une étude du cercle de réflexion Tax Foundation a ainsi révélé que les bannières douanières entraînaient une augmentation des prix, tout en réduisant les quantités de biens et de services disponibles pour les entreprises américaines. L’université Yale a mené une étude qui montre que les prix devraient augmenter de 2,3% à court terme aux États-Unis. Selon elle, les prix des vêtements, des aliments et des voitures devraient être impactés. Ces nouvelles perspectives inflationnistes ont lieu dans un contexte d’inflation déjà importante aux États-Unis. Les prix ont augmenté de 4,7% en 2021, 8% en 2022 et de 4,1% en 2023.

L’Europe, qui subit, elle aussi, une inflation depuis plusieurs années, devrait sentir les effets de ces droits de douane américains. Si elle ripostait en augmentant ses droits de douane, l’Union européenne provoquerait une hausse des prix sur son territoire. Cependant, « l’Europe importe beaucoup moins de biens que les Américains, donc l’impact direct sur les prix serait plus contenu », assure l’économiste Véronique Riches-Flores, interrogée par franceinfo. Les exportateurs européens feront face à davantage de difficultés pour vendre leurs produits aux États-Unis. Cela pourrait créer une baisse de la croissance, voire une récession en Europe.

Des emplois menacés en France ?

Dans le détail, la France a exporté plus de 47 milliards de biens vers les États-Unis en 2024, indique Le Monde. Elle importe plus de biens qu’elle n’en exporte aux États-Unis (52,7 milliards d’euros en 2024). Toutefois, le président du Medef, Patrick Martin, a estimé, jeudi 3 avril, que « des centaines de milliers d’emplois » étaient menacés en France avec ces nouvelles hausses douanières. Certaines industries comme l’aéronautique et l’automobile pourraient être menacées, mais aussi des secteurs particuliers comme les producteurs d’alcool, la parfumerie…

La directrice du Fonds Monétaire International (FMI), Kristalina Georgieva, a souligné, jeudi 3 avril, que ces nouveaux droits de douane constituaient « un risque important pour les perspectives mondiales, dans une période de croissance molle ». Vendredi 4 avril, deux jours après ces annonces, les bourses européennes ont ouvert en baisse. Paris cédait 0,86 %, Londres 0,68 %, Francfort 0,70 %, Zurich 0,86 % et Milan 1,55 %. De leur côté, les bourses asiatiques ont clôturé dans le rouge.