Depuis la décolonisation, le paysage chrétien d’Afrique de l’Ouest est marqué par l’émergence inexorable d’Eglises d’initiative africaine. L’impact de ces Eglises postcoloniales est souvent sous-évalué par les Européens, qui surévaluent souvent, en revanche, l’héritage des Eglises qu’ils ont implantées. Sur le terrain, l’action et la visibilité de ces Eglises d’initiative africaine est pourtant massive, comme observé, en ce début d’année 2026, à Cotonou. Grâce au diacre Kossi qui a accepté de répondre quelques questions, on découvre ici l’Eglise URHC (Union Renaissance d’Hommes en Christ, fondée en 1973 au Bénin.
Comment définiriez-vous votre église ?
Je suis diacre, je ne suis pas pasteur, mais je peux vous donner ces renseignements. Notre fondateur Justin Kossoko a reçu un appel en 1973, une vision, entouré de six apôtres ; il est parti désormais auprès du Seigneur (décédé), mais l’œuvre s’est poursuivie et l’église grandit ici à Cotonou, notamment ici à Agontinkon où le bâtiment construit un nouvel étage. Nous avons plusieurs lieux de culte, dans différentes villes. L’Eglise URHC (Union Renaissance d’Hommes en Christ), C’est une église née ici au Bénin qui veut répondre aux besoins des gens par le moyen du Saint-Esprit, et il y a beaucoup de besoins. Notre pasteur est entouré par une équipe consacrée. « Avec Dieu nous ferons des exploits », c’est écrit sur le mur de l’église. Ici dans ce bâtiment nous avons plus de 300 personnes. Nous sommes une communauté axée sur le Saint-Esprit. Nous pensons qu’il faut être très sérieux avec le Saint-Esprit, pour ne pas se laisser envahir par de mauvaises choses.
Cela signifie quoi précisément ?
Cela veut dire être à l’écoute de l’Esprit Saint, toujours. Pour aider, nous avons quatre jours de culte par semaine. Le lundi, le mercredi et le vendredi, c’est à 19h15, et le dimanche, c’est à 10h. Ce culte de 10h se fait en langue Fon (la langue locale dominante, ndlr), mais nous proposons aussi un culte en langue française à 15h. Tout le monde cherche la présence du Saint-Esprit, par le nom puissant de Jésus. Nous ne faisons pas de compromission. Par exemple, nous refusons les offrandes faites au pasteur, ou aux responsables. Le Saint-Esprit est un esprit d’intégrité, voilà ! Les dons se font dans deux troncs, l’un pour la dîme, l’autre pour les offrandes. Aucun argent n’est accepté autrement. Par exemple aussi, nous n’utilisons pas d’eau, pas de mouchoir, pas de sel ou je ne sais quoi, pour les délivrances. Mais nous acceptons bien la musique de louange, et même, nous aimons chanter !
Pourquoi ?
Il y a des églises ici qui font des mélanges. Au Bénin les esprits sont très actifs, La vision que nous avons reçue est d’être vraiment guidés seulement par le Saint-Esprit, qui est saint par définition. Nous faisons très attention. Pas de sorcellerie déguisée. Le pasteur n’est pas un sorcier qui utilise la foi chrétienne. Nous avons aussi reçu de ne pas pratiquer le parler en langue. On ne fait pas ça chez-nous, l’enseignement doit toujours être clair, directement du Saint-Esprit, avec la Bible bien-sûr.
La délivrance joue-t-elle un rôle important ?
Elle est au centre de ce que nous faisons, car la foi en Jésus libère l’Esprit Saint en nous. Ce qui n’est pas compatible avec d’autres esprits. Sauf que… Nous observons que beaucoup de gens sont oppressés. Chasser les démons comme Jésus le fait dans la Bible, c’est impératif pour que l’Esprit Saint habite et restaure. Nous avons deux jours, dans la semaine, le lundi et le vendredi, consacrés à la prière de délivrance et de guérison, avec chasse des démons. Les gens viennent après le travail ou pendant la pause, ils en ont besoin ! Ils aspirent à une renaissance, et cette renaissance, c’est par la délivrance et l’accueil complet du Saint-Esprit qu’on l’obtient.

