La COP30 s’est terminée à Belém sur un sentiment d’inachevé. Présenté comme le sommet de la « mise en œuvre », cet épisode décisif du processus climatique est loin d’avoir tenu toutes ses promesses. Dans le cadre de leur campagne commune « Aimons les plus pauvres, protégeons la création ! », A Rocha et le SEL ont suivi et relayé la conférence tout au long du mois de novembre. Les deux organisations chrétiennes ont notamment souhaité rappeler que prendre soin de la création, c’est aussi défendre les plus vulnérables. Alors que les négociateurs ont quitté Belém et que l’attention se détourne déjà vers les prochaines échéances, une question demeure : comment les chrétiens peuvent-ils continuer d’espérer et de s’engager face à l’ampleur du défi climatique ?
À Belém, les attentes étaient fortes. Tenue au cœur de l’Amazonie, la COP30 devait réconcilier ambition climatique et justice sociale. Mais entre l’influence persistante des industries fossiles, des séances perturbées par des événements climatiques (incendies, inondations…) et l’accès limité des peuples autochtones aux négociations, le sommet est resté en deçà de ses ambitions. Un constat partagé par les membres du Christian Climate Observers Program (CCOP), un réseau international de chrétiens présents sur place pour observer, prier et témoigner.
Plusieurs d’entre eux évoquent un décalage frappant entre les discours officiels et ce qu’ils ont observé sur le terrain. Un de ces observateurs raconte notamment sa visite dans l’espace ouvert au public, où des artisans autochtones amazoniens vendaient leurs créations assis à même le sol. « Ils devraient avoir une table digne », a-t-il martelé. Une scène qui, selon lui, en dit plus long sur l’état du monde que bien des discours.
« Pas de place à la table »
Dans le même esprit, une jeune femme, également membre du CCOP, évoque l’intervention de femmes autochtones qui l’a […]
