Licenciements facilités, journée de travail de douze heures, réduction du barème d’indemnités… Voici ce que contient, entre autres, la loi de « modernisation du travail » que les députés argentins ont votée dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 février, rapporte Le Monde, selon une information de l’AFP. Toute la journée qui a précédé l’adoption du texte – à 135 voix pour et 115 contre – a été marquée par une grève générale en Argentine, qui aurait permis de bloquer 90 % de l’activité, selon la Confédération générale du travail (CGT) de la République argentine, et son codirigeant, Jorge Sola.
L’adoption de la loi controversée a été saluée par le président Javier Milei sur les réseaux sociaux. Comprenant également une extension des services considérés comme essentiels en période de grève et une autorisation du fractionnement des congés, le gouvernement mise grandement sur le texte qui va, selon lui, permettre de donner un coup de boost au recrutement dans le pays. À noter que la politique d’austérité budgétaire menée par Javier Milei a causé la perte de 300 000 emplois en l’espace de deux ans, un des facteurs qui ont permis la réduction drastique de l’inflation en Argentine.
Une journée de manifestation qui n’aura pas suffi
Il s’agissait de la quatrième grève générale dans le pays depuis l’investiture de Javier Milei en décembre 2023. Ils ont été plusieurs milliers à se masser près du Parlement de manière pacifique jeudi, à l’instar de la semaine précédente. Le rassemblement a cependant tourné au vinaigre lorsque des échauffourées ont éclaté avec les forces de l’ordre. Selon l’AFP et Le Monde, ces dernières ont interpellé une dizaine de personnes.
Malgré tout, la mobilisation a été telle que toutes les infrastructures ont été impactées, notamment en ce qui concerne les transports, qu’il s’agisse des bus, des trains ou des avions. Plus de 250 vols ont ainsi été annulés par la compagnie Aerolineas Argentinas. Des blocages qui n’ont bien évidemment pas plu à l’exécutif, en particulier à Manuel Adorni, chef de cabinet des ministres, pour qui cette paralysie nationale était « perverse » tant elle a empêché de nombreuses personnes de travailler.

