Élu en 2016 pour la première fois, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a remporté un troisième mandat présidentiel dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 janvier. Selon l’Autorité nationale des élections, il a été réélu avec 76,15% des voix. Selon des résultats provisoires, son principal opposant, Anicet-Georges Dologuélé, est arrivé en deuxième position avec 14,66% des voix. Au total, 52,34% des électeurs de Centrafrique ont voté le 28 décembre 2025 pour un quadruple scrutin : présidentiel, législatif, régional et municipal, a rappelé Le Monde. Les résultats définitifs doivent être proclamés par le Conseil constitutionnel à la mi-janvier, laissant le temps à d’éventuels recours.
La précédente réélection de Faustin-Archange Touadéra, en 2020, avait été entachée par des soupçons de fraude. Le président de la Centrafrique est critiqué pour avoir fait adopter en 2023 une nouvelle constitution qui lui permet de se maintenir au pouvoir. De son côté, le candidat Anicet-Georges Dologuélé a revendiqué sa victoire et a dénoncé des irrégularités majeures. Le porte-parole du président Touadéra a qualifié ces allégations de « fausses » et a mis en garde contre les risques de « troubles ». Henri-Marie Dondra, arrivé troisième du scrutin avec 3,19% des suffrages, a appelé à « une annulation pure et simple des scrutins ». Il a aussi dénoncé « l’incapacité » de l’Autorité nationale des élections (ANE) à organiser le vote.
Une instabilité persistante en Centrafrique
Les deux principaux challengers du président ont dénoncé un processus électoral biaisé et ont évoqué un « conflit d’intérêts manifeste » entre une haute responsable de l’ANE et la campagne du président Touadéra, a rapporté RFI. Anicet-Georges Dologuélé a écrit à la cheffe de la mission de l’ONU (Minusca) dénonçant « le hold-up électoral le moins camouflé de l’histoire de la Centrafrique ». Il a demandé à la Minusca de « remplir pleinement sa mission » et a indiqué qu’il allait saisir le Conseil constitutionnel. Les observateurs de l’Union africaine (UA) ont salué des « élections apaisées ». Lors d’une conférence de presse, le représentant de la délégation de l’UA avait souligné que ces élections étaient « sans commune mesure avec les processus électoraux de 2016 et de 2020 » et qu’elles étaient « une marche en avant vers la démocratie ».
Depuis son indépendance de la France en 1960, la Centrafrique a été fragilisée par une succession de guerres civiles, de coups d’État et de régimes autoritaires. Au total, 71% des 5,5 millions de Centrafricains vivent sous le seuil de pauvreté. Le pays souffre d’un manque de services de base, de routes carrossables, d’un chômage endémique, d’un taux de formation faible et d’un coût de la vie de plus en plus élevé. Le gouvernement contrôle désormais près de 90% du territoire alors que 80% du pays étaient contrôlés par des groupes armés en 2021, ont indiqué plusieurs analystes.

