Deux semaines de trêve et la réouverture du détroit d’Ormuz. Voilà ce qui a été convenu entre les États-Unis et l’Iran mardi 7 avril, un peu plus d’une heure seulement avant que l’ultimatum américain ne touche à sa fin, rapporte franceinfo. Une issue trouvée alors même que Donald Trump menaçait encore quelques heures plus tôt d’exterminer « toute une civilisation ». Ce même président américain, qui avait déjà repoussé l’échéance de l’ultimatum à quatre reprises, a finalement accepté un plan pour la paix en dix points présenté par le régime iranien.
D’un côté comme de l’autre, on se targue d’avoir remporté la victoire, relève France 24. Pour les autorités iraniennes, ce cessez-le-feu prouve qu’elles sont parvenues à faire plier le géant américain qui aurait subi « une défaite indéniable, historique et écrasante ». Le locataire de la Maison Blanche n’a quant à lui, comme à son habitude, pas fait dans la dentelle au moment de réagir à cette trêve, qui constitue selon lui « une victoire totale et complète ».
En quoi consiste le plan en dix points présenté par l’Iran ?
Un tel accord entre Téhéran et Washington a été rendu possible grâce à la médiation du Pakistan, dont l’Arabie saoudite a notamment salué « les efforts continus » pour y parvenir, souligne Le Monde. C’est par ailleurs sur le sol pakistanais que doivent avoir lieu les négociations entre les deux belligérants à partir du vendredi 10 avril. Dans le détail, le plan accepté par Donald Trump comprend dix points distincts, dont il a estimé qu’il constituait « une base de négociation viable ». « Presque tous les points qui faisaient auparavant l’objet de désaccords ont été approuvés par les États-Unis et l’Iran, mais un délai de deux semaines permettra de finaliser et de conclure l’accord », a conclu le président américain.
Dans cette liste, on retrouve notamment la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires contre l’Iran ; le maintien du contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz ; le retrait des forces militaires américaines du Moyen-Orient ; la fin des attaques contre l’Iran et ses alliés ; la libération des avoirs iraniens gelés ; une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU rendant tout accord contraignant ; le paiement de réparations à l’Iran ; la cessation de la guerre sur tous les fronts, y compris contre le Hezbollah au Liban.
Comme le relève The Guardian, l’acceptation de l’enrichissement en uranium figurait également sur cette liste dans la première version publiée en farsi, mais plus dans la version anglaise partagée par les autorités iraniennes. En parallèle, Israël a annoncé qu’aucun cessez-le-feu ne serait observé au Liban où « la bataille continue ». La France et l’Espagne se sont publiquement opposées à cette annonce.
Des effets immédiats sur le prix du baril
Quoi qu’il en soit, l’annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz pour quinze jours a eu un effet immédiat sur le prix du baril de pétrole, qui est repassé sous la barre des 100 dollars, enregistrant une baisse de près de 15%, rapporte BFM TV. « Quand les prix mondiaux baissent, les prix à la pompe doivent baisser, aussi vite qu’ils sont montés. Le Gouvernement y veillera », a commenté sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu, annonçant au passage le déclenchement d’un « plan de contrôle ».
À noter que l’Iran gardera le contrôle du détroit d’Ormuz, malgré sa réouverture. À l’heure actuelle, ce ne sont pas moins de 3 000 navires qui sont dans l’attente de pouvoir transiter dans cette zone, d’un côté comme de l’autre. En contrepartie, Donald Trump déclare sur son réseau Truth Social que la condition sine qua non au respect de la trêve avec l’Iran est « l’ouverture totale, immédiate et sécurisée du détroit d’Ormuz ».

