Le 6 février est la journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF). Dans un communiqué, les Nations unies rappellent que les mutilations génitales sont « une violation des droits humains qui porte atteinte aux droits fondamentaux des filles et des femmes ». Infliger des lésions aux organes génitaux pour des raisons non médicales peut avoir des répercussions sur la santé physique, sexuelle et mentale. Selon les Nations unies, dans le monde, plus de 230 millions de femmes et de filles ont subi des mutilations génitales et ont besoin de soins appropriés. Si aucune mesure n’est prise d’ici à 2030, 22,7 millions de filles supplémentaires pourraient subir des mutilations. Chaque année, environ 4 millions de filles sont victimes de cette pratique, dont plus de 2 millions avant l’âge de cinq ans, rapportent les Nations unies. Pour mettre fin à ces mutilations génitales féminines, l’Organisation internationale demande un investissement soutenu, rappelant que le traitement des complications sanitaires liées à ces pratiques coûte aux systèmes de santé environ 1,4 milliard de dollars par an.
Les Nations unies demandent un « engagement durable »
Pour investir, l’ONU demande d’intégrer la prévention des MGF dans les programmes éducatifs, sanitaires et économiques. Elle veut augmenter les financements pour renforcer la mobilisation de ressources nationales et l’engagement du secteur privé et souhaite investir dans des systèmes nationaux de données pour suivre les progrès et éclairer les politiques. Enfin, l’ONU demande d’utiliser ses compétences professionnelles ou son influence sociale pour remettre en question les comportements qui perpétuent les mutilations génitales. Cette journée internationale, créée en 2012, « souligne la nécessité d’un engagement durable de la part des gouvernements, de la société civile, des communautés, des fondations philanthropiques et de la communauté internationale », écrivent les Nations unies. Depuis 2008, la Fondation des Nations unies pour la population (UNFPA) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) dirigent le Programme conjoint sur l’élimination des mutilations génitales féminines, la plus vaste initiative mondiale visant à collaborer avec les gouvernements et les partenaires afin d’accélérer les efforts et d’obtenir des résultats.
En France, une possible réparation des mutilations génitales
Environ 139 000 victimes de mutilations génitales vivent en France selon les données du ministère chargé de la lutte contre les discriminations. Une femme de 42 ans, excisée pendant l’enfance, a été interrogée par franceinfo. Elle souhaite avoir recours à la chirurgie réparatrice et s’est rendue à l’unité Réparons l’excision de l’hôpital André-Grégoire de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. « J’attends l’opération de réparation pour m’aider moralement », confie-t-elle. Les personnes qui imposent ces mutilations génitales féminines invoquent notamment le contrôle de la sexualité des femmes ou une étape à l’éducation des jeunes filles. Mais, comme le rappelle l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « aucun texte religieux ne prescrit cette intervention ». Depuis 2004, la Sécurité sociale rembourse l’opération du clitoris, faisant de la France un pays pionnier dans la prise en charge médicale des femmes victimes de mutilations sexuelles, rapporte l’UNICEF.

