« Les droits humains survivront-ils à un monde trumpien ? », dans son rapport annuel sur les droits humains dans le monde, Human Rights Watch (HRW) s’inquiète de l’influence du président américain. « Le système mondial de défense des droits humains est en danger. Sous la pression incessante du président des États-Unis, Donald Trump, et constamment sapé par la Chine et la Russie, l’ordre international fondé sur des règles est en train d’être détruit », écrit Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch. Toutefois, l’ONG souligne que cette spirale négative existait déjà avant la réélection de Donald Trump et parle d’une « récession démocratique » à travers le globe. Selon ce rapport, la démocratie a reculé pour atteindre des niveaux de 1985 « avec 72 % de la population mondiale vivant maintenant sous des régimes autocratiques ». L’ONG estime que la Russie, la Chine, mais aussi les États-Unis sont moins libres en 2026 que vingt ans plus tôt.
Donald Trump a bouleversé l’ordre international
« En seulement 12 mois, l’administration Trump a mené un assaut généralisé contre les piliers de la démocratie américaine et contre l’ordre international », constate HRW. Dans le détail, l’ONG note que « la seconde administration Trump a sapé la confiance du public dans l’intégrité des élections, réduit le devoir du gouvernement de rendre des comptes ». Elle ajoute que les droits des femmes ont reculé en raison d’un accès à l’avortement entravé. La liberté d’expression est aussi menacée aux États-Unis selon ce rapport puisque le président a usé de son pouvoir pour intimider ses adversaires politiques, les médias, des universités, la société civile, mais aussi des humoristes…
Concernant les discriminations raciales, « l’administration Trump a adopté des politiques et une rhétorique qui rejoignent l’idéologie nationaliste blanche », dénonce HRW qui souligne les méthodes de la police américaine de l’immigration (ICE). Ainsi, 32 immigrants et demandeurs d’asile sont morts alors qu’ils étaient détenus par l’ICE en 2025. De plus, des personnes de couleur ont été prises pour cible par les agents des services de l’immigration, tandis que des dizaines de citoyens ont été arrêtés de façon illégale et deux tués de manière injustifiable à Minneapolis.
La protection des droits humains menacée
L’ONG estime que l’administration Trump a « outrepassé de manière répétée » les limites de protection du droit international des droits humains. Elle ajoute que « les violations des droits ne se sont pas arrêtées aux frontières ». En effet, le président des États-Unis s’est vanté de « ne pas avoir besoin du droit international » et a retiré son pays du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et de l’Organisation mondiale de la santé. Durant son mandat, il prévoit de quitter 66 organisations et programmes internationaux. « Trump a également encouragé les autocrates et affaibli les alliés démocratiques des États-Unis », dénonce HRW qui rappelle qu’il a réprimandé des dirigeants d’Europe occidentale tandis que des membres de son administration ont exprimé leur admiration pour l’extrême droite nativiste européenne. Enfin, le rapport annuel estime que les États-Unis ont affaibli les institutions multilatérales, ce qui a « porté un coup dur aux initiatives internationales pour prévenir ou mettre fin aux graves crimes internationaux« . Il conclut en affirmant que « dans le nouveau désordre mondial de Trump, la force fait loi et les atrocités n’empêchent pas de conclure des deals ».

