Donald Trump a affirmé, dimanche 12 avril, qu’il n’était « pas un grand fan » du pape Léon XIV. La veille, le souverain pontife avait prononcé une virulente allocution contre la guerre. « C’est quelqu’un de très libéral, et c’est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité », a déclaré Donald Trump devant des journalistes. Il a accusé le pape « faire joujou avec un pays qui souhaite se doter de l’arme nucléaire » en faisant référence à l’Iran. Sur son réseau Truth Social, le président des États-Unis a ensuite attaqué Léon XIV l’accusant de soutenir le programme d’armement nucléaire iranien, de s’être opposé à l’opération militaire américaine au Venezuela en janvier et de rencontrer des sympathisants de l’ex-président démocrate Barack Obama, liste France 24.

« Le pape Léon est FAIBLE face à la criminalité, et catastrophique en matière de politique étrangère », a ainsi écrit Donald Trump en préambule de son message. Il « ne serait pas au Vatican si je n’étais pas à la Maison Blanche », a affirmé le dirigeant républicain qui estime que l’Église l’a nommé parce qu’il est américain et qu’elle a pensé que cela serait plus simple pour gérer Donald Trump. « Je ne veux pas d’un pape qui critique le président des États-Unis », a-t-il ajouté. La veille, le pape Léon XIV avait déclaré que la foi était nécessaire « pour affronter ensemble ce moment dramatique de l’Histoire ». « Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent ! Assez des démonstrations de force ! Assez de guerre ! La véritable force se manifeste en servant la vie », avait-il demandé.

Le pape Léon XIV ne veut pas entrer en débat avec Donald Trump

Attendu lundi 13 avril en Algérie pour une visite historique, le pape Léon XIV a répondu à l’attaque virulente de Donald Trump. « Je n’ai ni peur de l’administration de Trump, ni de dire le message de l’Évangile », a-t-il déclaré dans l’avion qui l’emmenait en Algérie. « C’est ce que je crois être appelé à faire et ce que l’Église est appelée à faire », a-t-il précisé selon des propos rapportés par Le Monde. Le souverain pontife a indiqué qu’il ne souhaitait pas entrer en débat avec le président américain. « Je le dis pour tous les leaders du monde, pas uniquement pour lui. Nous cherchons toujours à en finir avec les guerres et à promouvoir la paix et la réconciliation », a-t-il ajouté.

Avec ce déplacement de deux jours en Algérie, Léon XIV est le premier pape à se rendre dans ce pays à majorité musulmane et dans lequel l’islam est religion d’État. En décembre, le pape Léon XIV avait indiqué que cette visite devait permettre de « poursuivre le dialogue et tisser des liens entre les mondes chrétien et musulman », explique BFM TV. Le Vatican veut mettre l’accent sur la tolérance à l’égard des minorités religieuses dans un pays comptant moins de 10.000 catholiques pour une population d’environ 48 millions d’habitants. Par ailleurs, trois ONG internationales ont demandé au pape Léon XIV de parler des droits humains et de liberté religieuse avec les autorités algériennes lors de sa visite. EuroMed Rights, Human Rights Watch et MENA Rights Group évoquent des atteintes aux « minorités religieuses » mais aussi aux migrants et à des membres de la société civile.