Près de trois semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, débutée par l’agression des États-Unis et d’Israël sur l’Iran le 28 février 2026, le bilan du conflit présente d’ores et déjà un lourd bilan climatique et environnemental. En plus du nombre de morts dans les frappes aériennes, la guerre fait craindre un risque sanitaire majeur pour toute la région. Touché par des missiles de l’alliance États-Unis-Israël, une épaisse fumée noire s’échappait d’un dépôt pétrolier à Téhéran le 8 mars 2026. Lundi 16 mars, le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi écrivait sur ses réseaux que les bombardements « violaient la loi internationale et constituaient un écocide », rapporte France Info.
De même, les frappes iraniennes en direction du Qatar, de Bahreïn ou d’Arabie Saoudite n’épargnent pas les sites pétroliers. Les raffineries et sites de stockage sont eux aussi régulièrement pris pour cible par Téhéran via l’envoi de drones. En mer, les missiles et drones iraniens ont frappé au moins 22 navires civils pétroliers, cargos et vraquiers, d’après le décompte établi par Reuters.
Les risques sanitaires liés aux particules fines et aux émissions toxiques
D’après Wim Zwijnenburg, chargé du désarmement humanitaire au sein de l’organisation néerlandaise PAX, lorsqu’un site militaire ou industriel est frappé, « nous savons qu’il existe des risques liés à l’exposition aux fumées, aux particules fines et aux émissions toxiques », expose ce dernier pour France Info. Il reprend plus loin : « les conflits présentent des impacts directs sur l’environnement, mais ils ont aussi des conséquences à long terme pour les populations ». Plus de 300 incidents comportant des risques environnementaux ont été recensés par l’Observatoire des conflits et de l’environnement, souligne Le Monde.
Interviewé dans le quotidien du soir, le directeur de cette ONG britannique Doug Weir atteste que « le bombardement par Israël de sites de production, de stockage et de raffinage de pétrole à Téhéran est particulièrement choquant ». Si ce type d’attaques est courant dans tous les conflits, il est rare qu’elles se produisent dans des zones aussi peuplées, d’après Doug Weir. En Iran, « des habitants se sont plaints de sensations de brûlure sur la peau. […] Une partie de ces polluants se déposent ensuite dans les sols et peuvent contaminer les cours d’eau », souligne le chercheur spécialisé dans les risques environnementaux et humanitaires des conflits.

