Dans un communiqué publié mardi 10 mars, Amnesty International alerte sur la situation sanitaire à Gaza et sur le fait que cela « inflige des préjudices exacerbés aux femmes et aux filles ». Depuis vingt-neuf mois, « les conséquences dévastatrices et multiples du génocide perpétré par Israël ont poussé les femmes et les filles dans la bande de Gaza occupée au bord du précipice », a écrit l’ONG. Selon elle, ces conséquences sont aggravées par les déplacements de masse, l’effondrement des soins de santé reproductive, maternelle et néonatale. De plus, les traitements de maladies chroniques, comme le cancer, ont été interrompus. Dans des conditions de vie dangereuses et indignes, les femmes sont plus exposées aux maladies, mais aussi à des préjudices physiques et psychologiques.
Amnesty International souligne que ces préjudices sont exacerbés par les restrictions imposées par Israël à Gaza et qui empêchent, notamment, l’acheminement de nourriture, de médicaments, de matériel médical… Dans le même temps, l’ONG affirme que « des organisations humanitaires internationales fournissant des services essentiels à des femmes et des filles ont vu leur agrément suspendu ». « Les femmes de Gaza sont privées des conditions nécessaires pour vivre et donner la vie en toute sécurité. Cette érosion systématique de leurs droits à la santé, à la sécurité, à la dignité et à un avenir n’est pas une simple conséquence malencontreuse de la guerre : c’est un acte de guerre délibéré visant les femmes et les filles », a soutenu la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.
La malnutrition menace les femmes enceintes ou allaitantes à Gaza
Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Groupe sectoriel pour la santé, près de 60% des points de service de santé sont hors d’usage, imposant une pression supplémentaire à ceux qui sont encore fonctionnels. Malgré la signature d’un « cessez-le-feu » en octobre 2025, le ministère de la Santé de Gaza a fait état de 630 morts palestiniens entre cette date et la fin février 2026. Même si les flux d’aide se sont améliorés, le ministère de la Santé estime qu’« environ 46 % des médicaments essentiels sont en rupture de stock, notamment des médicaments pour le déclenchement/la gestion des contractions, le travail et les hémorragies du post-partum, l’anesthésie et la gestion de la douleur, les infections et les problèmes respiratoires ».
De plus, selon les projections du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, 37 000 femmes enceintes ou allaitantes souffriront de malnutrition aiguë et auront besoin de traitement avant la mi-octobre 2026. « Le génocide perpétré par Israël a provoqué une augmentation exponentielle des problèmes de santé maternelle et néonatale au cours des 29 derniers mois », indique Amnesty International. Les conséquences sont multiples comme les accouchements prématurés, le faible poids à la naissance, la perte de poids et la malnutrition des femmes enceintes et allaitantes, le stress prénatal et la dépression post-partum. Des problèmes respiratoires ont aussi été détectés pendant la grossesse ou chez les nouveau-nés. En conclusion de son communiqué, l’ONG demande aux États de « prendre des mesures pratiques pour exercer une pression diplomatique et économique afin de pousser Israël à mettre un terme à ses attaques, à lever entièrement son blocus illégal et à autoriser les organisations humanitaires à mener leurs activités librement et en toute sécurité ».

