Le passage de Rafah, fermé en mai 2024 par l’armée israélienne, a rouvert partiellement lundi 2 février, permettant à quelque 150 blessés palestiniens de quitter la bande de Gaza pour l’Égypte. Rafah est un endroit stratégique puisqu’il s’agit du seul point de passage de la bande de Gaza qui n’est pas frontalier d’Israël. Un responsable du ministère de la santé égyptien, cité par Le Monde, a indiqué que les patients avaient été « immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés ». Cette réouverture survient deux jours après des frappes israéliennes sur le territoire palestinien qui ont fait des dizaines de morts selon la défense civile. L’armée israélienne avait affirmé riposter à la sortie de combattants palestiniens d’un tunnel dans la zone qu’elle contrôle à Rafah.

En mai 2024, l’armée israélienne avait pris le contrôle du côté palestinien du poste-frontière de Rafah. Depuis lors, il était resté fermé sauf pour une brève réouverture au début de l’année 2025. La réouverture totale du point de contrôle de Rafah, après le retour en Israël de tous les otages de Gaza, est prévue par le plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque du Hamas sur le sol israélien. Pour l’heure, les autorités israéliennes conditionnent tout passage à l’obtention d’une « autorisation sécuritaire préalable » pour sortir de Gaza et y entrer, en coordination avec l’Égypte et sous la supervision de la mission européenne à Rafah.

La réouverture du poste-frontière de Rafah jugée « positive » par l’ONU

Ainsi, le retour à Gaza depuis l’Égypte est autorisé pour les résidents qui ont quitté l’enclave palestinienne pendant la guerre, après avoir obtenu l’autorisation préalable des services de sécurité israéliens, avoir été contrôlés par l’UE à Rafah et avoir fait l’objet d’un deuxième processus d’identification et de contrôle dans un couloir désigné géré par l’armée israélienne dans une zone sous son contrôle. Dans un communiqué publié lundi 2 février, l’Organisation des Nations Unies (ONU) juge « positive » la réouverture limitée du poste-frontière de Rafah. « Les civils doivent être autorisés à partir et à revenir volontairement et en toute sécurité, conformément au droit international », a affirmé le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric.

Bien que cette avancée soit jugée « positive », l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) souligne toutefois une « dynamique contradictoire ». Elle a notamment pointé les Palestiniens tués lors de frappes aériennes malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025. L’ONU a également détaillé les volumes d’aide humanitaire entrés à Gaza. Ainsi, entre le 23 et le 29 janvier, au moins 13 800 palettes d’aide humanitaire de l’ONU et de ses partenaires ont été déchargées aux points de passage de Gaza. Entre l’annonce du cessez-le-feu le 10 octobre 2025 et le 29 janvier 2026, au moins 272 000 palettes de marchandises humanitaires ont été déchargées.