Après l’enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis, le président Donald Trump a réaffirmé son intérêt pour le Groenland. « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois, (…) parlons du Groenland dans 20 jours », a-t-il assuré. Il a dit avoir besoin de ce territoire « du point de vue de la sécurité nationale et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », selon des propos cités par Les Echos. Ces déclarations, au lendemain de l’intervention américaine au Venezuela, inquiètent les Européens. Le Danemark, qui inclut les îles Féroé et le Groenland, fait partie de l’Otan. Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark, a mis en garde : « si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’Otan, alors tout s’arrête. Y compris l’Otan et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », a-t-elle déclaré lundi 5 janvier. Elle a aussi affirmé faire « tout son possible pour que ce ne soit pas le cas ».

De son côté, le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, avait assuré : « ça suffit maintenant », a rapporté Le Monde. « Nous ne devons pas paniquer. Nous devons rétablir la bonne coopération que nous avons eue », a-t-il ajouté. « Notre pays n’est pas comparable au Venezuela. Nous sommes un pays démocratique. Il l’est depuis de très, très nombreuses années », a insisté le Premier ministre. Le Groenland, île arctique peuplée de 57 000 habitants, est un territoire autonome danois. Il dispose de ressources minières, largement non exploitées, et est considéré comme un emplacement stratégique.

L’avenir du Groenland fait réagir les alliés du Danemark

« Géographiquement, le Groenland appartient à l’Amérique du Nord et Donald Trump estime que les États-Unis en ont besoin pour des raisons stratégiques et pour ses ressources », a expliqué Michael Paul, chercheur principal à l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité, interrogé par Les Echos. Il a ajouté que Donald Trump tente de « bâtir une Amérique forteresse et de rendre le pays invulnérable, comme Reagan en 1983 ». Les États-Unis possèdent une base militaire au Groenland et un accord de défense avec le Danemark a été renouvelé en 2004. En décembre 2025, Donald Trump avait regretté que des navires russes et chinois naviguaient « partout » le long des côtes de l’île. Par ailleurs, le Danemark est un allié historique des États-Unis et se fournit largement auprès de Washington pour son armement.

Les propos de Donald Trump concernant le Groenland ont fait réagir de nombreux alliés du Danemark. « Il ne peut pas y avoir de modifications des frontières par la force », a affirmé le porte-parole de la diplomatie française, Pascal Confavreux, qui a assuré au Danemark la « solidarité » de la France. Les dirigeants des pays nordiques, Suède, Norvège et Finlande, ont aussi soutenu le Danemark. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a apporté son soutien à son homologue danoise. Selon un sondage publié dans la presse danoise et groenlandaise en janvier 2025, 85% des Groenlandais s’étaient dits opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6% de la population y était favorable.