Après l’enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela, la menace pesant sur la souveraineté du Groenland semble plus réelle que jamais. Les États-Unis, emmenés par le président Donald Trump, n’ont jamais caché leur envie d’annexer ce territoire autonome danois situé stratégiquement dans l’Arctique. C’est dans ce contexte que le Groenland et le Danemark envoient leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, Vivian Motzfeldt et Lars Løkke Rasmussen, ce mercredi 14 janvier, rapporte le HuffPost.

Les Américains invoquent notamment la sécurité nationale de leur pays comme raison principale de cette démarche, alors que les Groenlandais ont refusé le rachat de leur territoire lundi 12 janvier, rapporte Les Echos. « La coalition gouvernementale du Groenland ne peut d’aucune manière accepter cela », ont ainsi fait savoir les autorités dans un communiqué. Leur but est de faire en sorte que la défense du territoire convoité par le pays de l’Oncle Sam voie sa sécurité renforcée « dans le cadre de l’Otan ». Qu’il ait recours à la manière douce ou à la manière forte, Donald Trump entend bien s’emparer de ce morceau de terre qui représente quatre fois la taille de l’Hexagone.

Une rencontre aux enjeux majeurs

Toujours selon le HuffPost l’argument de la défense nationale face à la présence accrue des Chinois et des Russes dans l’Arctique ne tiendrait pas la route tant les forces américaines disposent déjà d’une liberté d’action importante au Groenland, avec une base aérienne située sur le littoral nord-ouest, à Pituffik. L’annexion du territoire autonome ne servirait en réalité qu’à envoyer un message à la Russie et à la Chine, tout en se débarrassant des freins juridiques qui les entravent à l’heure actuelle et en mettant la main sur les ressources naturelles groenlandaises.

Les sous-sols de l’île en grande partie recouverte de glace regorgent en effet de terres rares, de cuivre, de lithium, de graphite ou encore de zinc, comme le souligne Le Monde. D’après le Service géologique du Danemark et du Groenland, ils sont comparables, en termes de richesse, aux « régions minières bien établies comme l’Australie, le Canada et la Scandinavie ». Voilà ce qui pousserait notamment les États-Unis à menacer d’une intervention militaire, ou à proposer un rachat afin de faire du Groenland le 51e État américain.

C’est à la lumière de ces éléments que la rencontre à la Maison Blanche va se dérouler, alors que les représentants de Copenhague et de Nuuk cherchent l’apaisement des échanges et surtout à effacer tout malentendu.