Du 15 au 17 janvier, des dizaines de militaires européens ont été dépêchés au Groenland pour mener une « exploration » du territoire autonome danois, rapporte Le Parisien. Ces forces armées ont été envoyées notamment par la France, l’Allemagne, la Suède et la Norvège pour une mission militaire s’inscrivant dans le cadre de l’exercice danois « Arctic Endurance », mis en place par le Danemark.
Si le but officiel est de prévenir les « menaces russes et chinoises » dans la région – comme l’a précisé le ministère de la Défense allemand – il s’agit également d’envoyer un message aux États-Unis. Selon Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur de France pour les pôles, il est important de « montrer aux États-Unis que l’Otan est présente ». Le commencement de l’opération est survenu au lendemain du déplacement à Washington des ministres des Affaires étrangères danois et groenlandais.
Une réunion à Washington aux aboutissements flous
À l’issue de la réunion avec le secrétaire d’État Marco Rubio et le vice-président JD Vance, l’administration Trump a, par le biais de la porte-parole Karoline Leavitt, assuré qu’un groupe de travail avait été créé pour poursuivre les « discussions techniques sur l’acquisition du Groenland ». Une affirmation démentie dans la foulée par le ministre des Affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen.
« Ce n’est tout simplement pas ce dont nous avons convenu. […] Nous avons convenu d’être d’accord sur notre désaccord à ce sujet et d’essayer d’engager un dialogue à haut niveau dans le respect des lignes rouges du royaume », a-t-il ainsi déclaré le 15 janvier, peut-on lire sur Le Monde.
À noter que la volonté des États-Unis d’acquérir le territoire du Groenland pour raisons de « sécurité nationale » est largement remise en cause, de nombreux observateurs estimant que Donald Trump ne chercherait qu’à s’emparer des ressources naturelles rares présentes sur l’île recouverte à 80 % de glace.
Une annexion américaine jugée peu probable
Pour ce qui est de la probabilité d’une annexion par la force, option que le président américain dit ne pas écarter, les représentants européens se montrent dubitatifs. Toujours selon Le Monde, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, s’est dit « relativement serein » face aux intentions du locataire de la Maison Blanche. À son sens, l’envoi de troupes européennes sur place coupe l’herbe sous le pied à au 47e président américain et à son argument sécuritaire. Il a par ailleurs tenu à rappeler que « les États-Unis ne se résument pas à l’administration de Donald Trump ».
Une affirmation qui semble se confirmer avec la visite attendue ce vendredi 16 janvier à Copenhague de onze membres du Congrès américain. La volonté est d’envoyer « un signal clair affirmant que le Congrès reste solidaire du Danemark et de l’Otan », a ainsi déclaré sur X (ex-Twitter) le sénateur démocrate Christopher Coons, à la tête de la délégation. Des déclarations appuyées par son compatriote et également sénateur démocrate, Dick Durbin, pour qui « les déclarations du président ne reflètent pas ce que ressent le peuple américain ».

