Grok dans la ligne de mire de l’Union européenne. Une enquête menée au nom des 27 États membres a été annoncée par l’autorité irlandaise de protection des données, connue en Irlande sous le nom de « Commissaire à la protection des données », ou Data Protection Commissioner (DPC) en anglais, mardi 17 février. L’investigation vise notamment l’intelligence artificielle Grok de plateforme X d’Elon Musk – en même temps que le compte X qui lui est lié – qui donne la possibilité à ses utilisateurs de générer des images à caractère sexuel sur la base de photos de personnes existantes, rapporte Le Monde, selon une information de l’AFP.
Si l’Irlande assume la charge de cette initiative, c’est parce que la plateforme du centimilliardaire Elon Musk a son siège européen sur son territoire. L’enquête visera à établir si X et son propriétaire respectent bien les dispositions du RGPD, soit le règlement général sur la protection des données personnelles en vigueur au sein de l’Union européenne, d’après un communiqué publié par le DPC.
De vives réactions en Europe
Elle trouve par ailleurs son origine dans les vives réactions et l’indignation qu’avait suscité Grok sur le Vieux Continent au mois de janvier dernier, et que certains États avaient décidé de bloquer. Comme le souligne le DPC, ce qui inquiète est notamment « la capacité présumée des utilisateurs de X à demander au compte @Grok sur X de générer des images à caractère sexuel de personnes réelles, y compris des enfants ».
Il s’agit d’ailleurs là d’un autre point d’inquiétude formulé en Europe concernant les images pouvant être générées par Grok, qui comportent ainsi parfois non seulement un caractère sexuel, mais également pédopornographique. À noter qu’un sondage Eurobazooka mené dans sept pays européens pour la revue Le Grand Continent a révélé fin janvier 2026 que près des trois quarts des répondants sont favorables à une interdiction pure et simple de Grok dans l’Union européenne.
L’Espagne et le Brésil également vent debout contre les plateformes
En parallèle de l’enquête que va conduire l’autorité irlandaise de protection des données, le gouvernement espagnol a indiqué le même jour lancer ses propres investigations en matière de publication de contenu pédopornographique fabriqué par l’intelligence artificielle, rapporte La Tribune. Celles-ci ne concerneront pas seulement la plateforme X, mais également Meta – propriétaire de Facebook, Instagram, WhatsApp et Oculus VR – et l’application chinoise TikTok. « L’État ne peut tolérer cela. L’impunité de ces géants doit cesser », a commenté le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
Le pays de la péninsule ibérique emboîte ainsi le pas au Brésil, qui a annoncé une semaine plus tôt son intention de demander également des comptes à X. La justice locale et deux agences nationales brésiliennes intiment à la plateforme de mettre rapidement en place les mesures adéquates pour empêcher la création et la diffusion de « contenus sexualisés ou érotisés mettant en scène des enfants et des adolescents, ainsi que des adultes qui n’ont pas donné leur consentement ». Le Royaume-Uni avait précédemment ouvert sa propre enquête, forçant la main à l’entreprise américaine, qui avait décidé de brider Grok dans le pays en début d’année.

