Invité de l’émission L’Événement sur France 2 mardi 10 mars au soir, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé que la France n’approuvait pas la guerre au Moyen-Orient et qu’elle n’y participera pas. « Il ne s’agit en aucun cas de rentrer dans la guerre au Moyen-Orient », a-t-il assuré. Le ministre a appelé à « une désescalade la plus rapide possible » et à la « cessation des hostilités », souligne franceinfo. Selon lui, « cela passe nécessairement par un changement radical d’attitude et de posture de l’Iran ». Il souhaite que le pays « renonce à être une puissance déstabilisatrice et dangereuse ». Jean-Noël Barrot a aussi rappelé que la France veut « bâtir une mission pour assurer la sécurité de la circulation dans le détroit » d’Ormuz.

La veille, Emmanuel Macron avait détaillé cette mission qu’il a qualifiée de « purement défensive » afin de « rouvrir » le détroit d’Ormuz. Le chef de l’État a expliqué qu’il préparait cette mission « strictement pacifique » avec des partenaires « européens et non européens ». Il a affirmé que la France contribuerait « dans la durée » avec « deux frégates » à l’opération Aspides, lancée en 2024 par l’Union européenne en mer Rouge. En déplacement à Chypre lundi 9 mars, Emmanuel Macron a indiqué que « la présence française qui se déploiera de la Méditerranée orientale, en mer Rouge et justement au large d’Ormuz, mobilisera huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies et notre porte-avions Charles de Gaulle« , détaille BFM TV.

Une réunion sur les répercussions de la guerre au Moyen-Orient en France

Chypre a été touchée par un drone après le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. « Lorsque Chypre est attaquée, c’est l’Europe qui est attaquée », a assuré le président. « Nous n’accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger », a-t-il ajouté. Cependant, il a martelé que ces actions étaient « strictement défensives, loin de tout engagement militaire ». Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit recevoir, mercredi 11 mars dans l’après-midi, les partis politiques français à propos de la guerre au Moyen-Orient. Durant cette réunion, il évoquera les « répercussions » du conflit en France en matière énergétique et de sécurité, mais aussi à l’extérieur, sur le plan diplomatique et militaire, a détaillé son entourage cité par France 24.

Ce rendez-vous va réunir le Parti socialiste, la France insoumise, Les Républicains et Horizons aux côtés des présidents du Sénat, Gérard Larcher, et de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, mais aussi des présidents des groupes parlementaires et des commissions concernées. Plusieurs ministres ont aussi été conviés. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, souhaite que cette réunion apporte de la « clarté sur les intentions » de la France afin que le pays ne soit pas « entraîné à l’insu de (son) plein gré dans un conflit qui n’est pas celui (qu’il a) choisi ». Interrogé par franceinfo, il a insisté sur la nécessité de distinguer la stratégie française de celle des États-Unis et d’Israël. Selon lui, ces pays « poursuivent une guerre qui est totalement illégale ».