Au quatrième jour de l’offensive des États-Unis et d’Israël en Iran, mardi 3 mars, Emmanuel Macron s’est exprimé sur la situation au Moyen-Orient. Selon lui, ce conflit a de « graves conséquences pour la paix et la sécurité ». Le président a estimé que l’Iran portait « la responsabilité première » du déclenchement de la guerre en raison de « son programme nucléaire dangereux », de son soutien à des « groupes terroristes » mais aussi de la répression sanglante des manifestations dans le pays au mois de janvier, rapporte franceinfo. Cependant, le chef de l’État a jugé que l’offensive israélo-américaine était « en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver ».

Lors de son allocution, Emmanuel Macron a annoncé l’arrivée de deux premiers vols de rapatriement de Français mardi dans la soirée. Il a indiqué que ce rapatriement concernait « les plus vulnérables » (les personnes âgées, les personnes fragiles et les familles avec des enfants en très bas âge). Un premier vol en provenance d’Oman a atterri dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 mars. Selon les chiffres du Quai d’Orsay relayés par Le Monde, près de 400 000 Français sont présents dans la douzaine de pays concernés par le conflit. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré lors d’une interview mercredi 4 mars que « plusieurs vols » sont prévus dans la journée. L’un d’entre eux va transporter des ressortissants français présents aux Émirats arabes unis et « un autre partira de l’Égypte pour pouvoir emporter certains de nos compatriotes (…) les plus vulnérables en provenance d’Israël », a-t-il détaillé.

Des renforts militaires au Moyen-Orient

Lors de sa prise de parole mardi 3 mars, Emmanuel Macron a indiqué que deux bases françaises avaient été touchées par « frappes limitées ayant causé des dégâts matériels ». Il a également annoncé des renforts militaires au Moyen-Orient, dont le porte-avions Charles de Gaulle, qui va « faire route vers la Méditerranée ». Une frégate et des moyens anti-aériens ont aussi été envoyés à Chypre, pays de l’Union européenne touché par un drone dans la nuit du 1er au 2 mars. « Des Rafale, des systèmes de défense antiaérienne et de radars aéroportés ont été déployés ces dernières heures » dans la région, a-t-il ajouté. Le président a dit vouloir une coalition pour réunir des moyens « y compris militaires » afin de sécuriser « les voies maritimes essentielles à l’économie mondiale ».

Emmanuel Macron a aussi mis en garde Israël contre toute opération terrestre au Liban, ce qu’il considère comme « une escalade dangereuse et une erreur stratégique ». Il a demandé à Israël de « respecter le territoire libanais et son intégrité ». Enfin, le président a annoncé des mesures de sécurité en France. « À ma demande, le gouvernement a renforcé le dispositif de protection militaire Sentinelle et la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées », a-t-il affirmé, en référence aux patrouilles de soldats sur le territoire français.