Hamedan, Ispahan, Shiraz, Fassa ou Kouhdasht. Au quatrième jour de contestation, les manifestations se sont étendues dans de nombreuses villes iraniennes en dehors de Téhéran mercredi 31 décembre. Le mouvement de protestation contre la vie chère et l’inflation. En tout, une trentaine de villes ont vu des citoyens iraniens défiler dans les rues. Comme le rapporte RFI, des affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre ont eu lieu, comme à Kouhdasht, située à l’Ouest du pays, où de nombreux jeunes ont participé. Après les commerçants, la colère a gagné les universités. D’après une source citée par l’agence Fars, plusieurs personnes auraient été tuées par la police iranienne. Six personnes seraient déjà mortes au 1er janvier rapporte France 24. Des agents de police auraient également été blessés.
Dans de nombreuses villes du pays, de nombreux slogans déferlent laissant voir les revendications des manifestants comme : « N’ayons pas peur, nous sommes tous ensemble ! ». Entendu dans une allée de Téhéran, celui-ci, scandé par une manifestante et repris par la foule, illustre la volonté d’unité des contestataires depuis la naissance du mouvement « Femme, vie, liberté ». Un autre chant a également été entendu, celui-ci scandé par des étudiants : « Iranien, donne de la voix, et réclame tes droits ! » Le slogan « Ni Shah, ni Mollah » a aussi été entendu ces derniers jours. « À chaque fois qu’il y a des mouvements sociaux [en Iran], on constate que, faute de partis politiques ou de centrales syndicales autonomes, les manifestations de mécontentement éclatent de façon sporadique et spontanée », rapporte Azadeh Kian, spécialiste de l’Iran et professeure à l’Université Paris Cité.
Une nouvelle intervention des États-Unis en Iran ?
Toujours dans la ville de Kouhdasht, le procureur a déclaré qu’un jeune membre de la milice islamique des Bassidji, affiliée aux Gardiens de la Révolution, avait été tué. Treize policiers ont également été blessés « par des jets de pierre », a de son côté affirmé Saïd Pourali, le vice-gouverneur de la province du Lorestan. En déplacement dans le sud du pays, le président Pezeshkian a été interpellé par plusieurs personnes dénonçant la situation économique des Iraniens. « Regardez vos vidéos lors de la campagne électorale, les gens sont écrasés par l’inflation », a lancé l’un d’eux au cours d’une réunion à laquelle il assistait. Le pays est, depuis 1995, sous pression d’un blocus économique des États-Unis et de l’Union Européenne et fait face à un taux d’inflation de 52% sur un an selon le Centre de statistiques d’Iran.
Du côté de la Maison Blanche, le président Donald Trump a affirmé que « si l’Iran tirait sur des manifestants pacifiques et les tuait violemment, comme à son habitude, les États-Unis d’Amérique viendraient à leur secours », sur son réseau Truth Social. Il conclut plus loin : « Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir », indique 20 minutes. Le pouvoir iranien tente, pour l’heure, de jouer l’apaisement en parlant de « revendications légitimes » et non d’émeutes comme il l’avait fait suite aux mouvements de protestation suite à la mort de Masha Amini.

