Associé à des températures caniculaires dans le monde entier, le phénomène El Niño fera probablement son retour plus tôt que prévu dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. C’est en tout cas ce que prédit l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) jeudi 12 mars, citée par France Info. D’après l’institution, El Niño aurait de fortes chances de revenir « entre juin et août » prochains. Ce dernier est également associé à des variations de la circulation atmosphérique tropicale. D’après les chercheurs, La Niña, le phénomène opposé, s’effacerait plus vite que prévu, sous l’effet de vents d’ouest inhabituellement plus forts.
En effet, l’Organisation météorologique mondiale constatait de même une hausse rapide des températures océaniques dans cette zone du Pacifique. D’après leurs relevés, les eaux du Pacifique équatorial central seraient passées de moins 0,8 degré Celsius en décembre 2025 à moins 0,3 degré un mois plus tard, rapporte le magazine Science et Vie. Une remontée significative qui signerait ainsi la fin de La Niña, qui permet le refroidissement des eaux, débutée en décembre 2024. L’OMM indiquait déjà en mars 2025 que le phénomène serait de faible intensité.
Un phénomène El Niño plus puissant en 2027 ?
Interrogé dans les colonnes de France Info, le climatologue et coprésident du GIEC Robert Vautard indiquait qu’il était « peu fréquent d’avoir deux El Niño si rapprochés […] surtout s’ils sont de grande ampleur ». Si l’on ne sait pas encore quelle sera la force de celui-ci, la secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale précise que « la communauté de l’OMM surveillera attentivement la situation au cours des prochains mois afin d’éclairer la prise de décisions ». Les modèles climatiques de prévision convergeraient ainsi vers des conditions neutres pour le printemps. Cités par Science et Vie, les centres de prévision tableraient sur une probabilité de 60% qu’El Niño émerge entre juillet et septembre 2026. L’hypothèse d’un épisode extrême serait écartée pour l’année actuelle.
Le phénomène climatique produit généralement des conditions plus sèches en Asie du Sud-Est, en Afrique australe, dans le nord du Brésil et en Australie. Des vagues de chaleur se produisent alors, des feux de forêt et des pluies abondantes qui peuvent à leur tour causer des inondations, notamment au sud des États-Unis, au Pérou, en Équateur et dans la Corne de l’Afrique. Pour Robert Vautard : « La crainte porte surtout sur 2027, puisqu’on sait que les effets d’El Niño sont plus importants la deuxième année. On pourrait monter bien plus haut que le précédent record de 2024. » « Un El Niño avec un changement climatique si prononcé n’est pas annonciateur de bonnes nouvelles. », souligne le chercheur.

