Dans le Minnesota, les habitants sont en colère après les morts, en moins de trois semaines, de deux citoyens américains à Minneapolis. Les hommages et les manifestations se multiplient en mémoire de Renee Good, abattue par un agent de l’immigration dans sa voiture le 7 janvier, et d’Alex Pretti, tué par des policiers fédéraux de l’immigration le 25 janvier. Mardi 28 janvier, trois jours après la mort d’Alex Pretti, le conseiller du président américain Stephen Miller a pour la première fois reconnu un possible manquement au « protocole » de la part des agents. Il avait dans un premier temps traité l’infirmier de 37 ans « d’assassin en puissance ». Les vidéos analysées par plusieurs médias ne concordent pas avec l’hypothèse selon laquelle Alex Pretti, qui portait légalement une arme, constituait une menace pour les forces de l’ordre. Selon un rapport préliminaire du ministère de la Sécurité intérieure transmis au Congrès, deux policiers ont tiré sur la victime cinq secondes après qu’un agent a lancé « il a un flingue », rapporte France 24.
Ce changement de ton intervient quelques heures après l’annonce par Donald Trump d’une « petite désescalade » de l’opération anti-immigration qui a conduit à la mort de deux manifestants, relate RFI. Le président des États-Unis a notamment échangé par téléphone avec Tim Walz, gouverneur démocrate du Minnesota. Selon ce dernier, Donald Trump aurait accepté d’étudier une réduction du nombre des agents de l’ICE, la police de l’immigration.
Une élue démocrate prise pour cible à Minneapolis
De son côté, Donald Trump a indiqué que son gouvernement continuerait à rechercher « tous les criminels détenus par le Minnesota » et que le gouverneur avait « très respectueusement compris notre demande ». À Minneapolis, la gauche américaine est opposée au déploiement d’agents fédéraux de l’immigration venus arrêter des sans-papiers. Ilhan Omar, figure de la gauche américaine, a été visée par un jet de liquide lors d’une réunion publique à Minneapolis, mardi 27 janvier au soir. L’élue démocrate, dans le viseur de Donald Trump depuis plusieurs semaines, a poursuivi son discours et l’homme qui a projeté à l’aide d’une seringue un liquide non identifié dans sa direction a été placé en détention.
Malgré les critiques, Donald Trump a maintenu à son poste sa ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem. Il a toutefois pris ses distances avec elle et d’autres membres du gouvernement qui avaient affirmé sans aucun doute que les agents responsables du drame étaient en situation de légitime défense. Pour autant, le président des États-Unis n’entend pas revoir sa politique en matière d’immigration. Par ailleurs, l’expulsion d’un enfant de cinq ans arrêté par l’ICE dans le Minnesota a été bloquée temporairement par un juge lundi 26 janvier. L’enfant était devenu un symbole des méthodes brutales de la police de l’immigration. Selon une représentante du réseau scolaire qu’il fréquentait, le garçon aurait été utilisé comme « appât », forcé de frapper à la porte de son domicile pour faire sortir les personnes qui s’y trouvaient, indique Le Monde. Les autorités fédérales affirment qu’il a été récupéré devant chez lui après que son père a pris la fuite.

