Aux États-Unis, Alex Pretti, infirmier de 37 ans, a été abattu par la police à Minneapolis, samedi 24 janvier, deux semaines après la mort de Renee Good. Opposé aux opérations de l’ICE, il a été tué par balles en pleine rue par des membres de la police aux frontières dans la plus grande ville de l’État du Minnesota. Depuis décembre 2024, une vaste opération d’arrestation d’étrangers est menée dans cet État démocrate à la demande de l’administration de Donald Trump. Les autorités fédérales américaines ont assuré qu’Alex Pretti était armé et dangereux et qu’il s’était approché des agents de la Border Patrol « avec un pistolet 9 mm semi-automatique », a indiqué le ministère de la Sécurité intérieure, cité par franceinfo.

Selon cette version, les policiers, qui menaient une opération contre un étranger en situation irrégulière, ont « tenté de désarmer le suspect, qui a violemment résisté ». Un agent « craignant pour sa vie » a ensuite ouvert le feu, le touchant mortellement. Dans son communiqué, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) indique que cela « ressemble à une situation dans laquelle un individu voulait faire un maximum de dégâts et massacrer des forces de l’ordre ». Sur les réseaux sociaux, des vidéos de la scène montrent plusieurs agents avec des gilets « police » en train de lutter pour amener la victime au sol avant de la frapper. Un tir d’arme à feu résonne, les agents s’écartent et tirent à plusieurs reprises sur l’homme. Les agents qui ont causé la mort d’Alex Pretti n’appartenaient pas à l’ICE, la police de l’immigration au cœur des débats, mais à la Border Patrol, la police aux frontières, une autre agence fédérale qui dépend du DHS américain.

Barack Obama et Bill Clinton réagissent aux drames de Minneapolis

Alex Pretti, infirmier dans un service de réanimation de l’hôpital de Minneapolis, était un homme engagé et passionné de sport selon sa famille. Démocrate, il possédait un permis légal de port d’arme et n’était pas connu des services de police. Après sa mort, le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, a demandé que l’enquête soit menée par les autorités locales et non fédérales, accusant l’État fédéral de semer « le chaos et la violence ». Dimanche 25 janvier, l’ancien président des États-Unis, Barack Obama, a qualifié la mort d’Alex Pretti de « tragédie déchirante ». Il a appelé à un « sursaut » face aux « attaques » perpétrées contre les valeurs fondamentales du pays, a rapporté Le Monde. Il a notamment critiqué Donald Trump et son administration, accusés de « faire empirer la situation » plutôt que « d’essayer d’imposer un semple de discipline et de responsabilité aux agents qu’ils ont déployés ».

L’ancien président démocrate Bill Clinton (1993-2001) a, lui aussi, demandé aux Américains de « se lever et s’exprimer ». Il a dénoncé des « scènes horribles » à Minneapolis. En référence à la mort de Renee Good, abattue par la police de l’immigration deux semaines plus tôt, il a affirmé que l’administration Trump avait « menti » au sujet de ces deux décès. De son côté, Donald Trump a estimé que ces deux citoyens étaient morts « à cause de ce chaos provoqué par les démocrates ».