Les 89 chrétiens enlevés le 18 janvier durant une messe dominicale au Nigeria ont été libérés et accueillis jeudi 5 février par les autorités locales de l’État de Kaduna, ont annoncé des responsables nigérians. Ils ont été retenus en captivité après l’attaque de trois églises par des gangs criminels dans le nord du Nigeria. Le gouverneur local, Uba Sani, a précisé que, sur les 183 personnes enlevées lors de cette attaque, 11 ont pu s’échapper alors que « 83 sont rentrées il y a trois jours, et 89 ont été secourues seulement hier, ou tôt ce matin », a-t-il indiqué. Leur enlèvement avait eu lieu dans un contexte d’augmentation constante des enlèvements dans ce pays le plus peuplé d’Afrique, relate Le Monde.
Les circonstances de la libération de ces chrétiens n’ont pas été dévoilées. Le paiement de rançons est illégal, mais le gouvernement est soupçonné d’y avoir recours. Le gouverneur de Kaduna a remercié le président du Nigeria ainsi que le conseiller à la sécurité nationale, Nuhu Ribadu, et les forces de sécurité locales et nationales. Ce kidnapping est intervenu après une série d’enlèvements de masse fin 2025, qui a alerté sur la situation sécuritaire locale. Les États-Unis, qui ont lancé des frappes aériennes surprises le jour de Noël dans l’État de Sokoto, ont critiqué les autorités nigérianes à endiguer les violences. Pour défendre cette action, Donald Trump a dénoncé une « persécution » des chrétiens, alors que les tueries des groupes jihadistes et des bandes criminelles touchent chrétiens et musulmans sans discrimination dans le pays. Ces accusations ont été rejetées par le gouvernement nigérian et la plupart des experts.
162 morts dans une attaque au Nigeria
Une attaque qui a fait 162 morts est survenue mardi 3 février au soir dans le village de Woro, dans le centre-ouest du pays. Dans un communiqué publié dans la nuit du mercredi 4 février au jeudi 5 février par Bayo Onanuga, conseiller spécial du chef de l’État nigérian, le président Bola Tinubu a ordonné l’envoi d’un bataillon militaire dans la localité de Kaiama, dans l’est de l’État de Kwara. Il a accusé le groupe jihadiste Boko Haram d’être responsable d’un des massacres les plus violents au Nigeria ces derniers mois, rapporte RFI. L’opération a pour but de mettre hors d’état de nuire les terroristes et de protéger les communautés sans défense, a détaillé le texte.
Le Nigeria est le premier producteur de pétrole d’Afrique. Depuis 2009, il fait face à une insurrection jihadiste dans le nord-est du pays, menée par Boko Haram et par son rival l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a condamné « fermement » l’attaque terroriste, selon un communiqué de son porte-parole Stéphane Dujarric. Le chef de l’ONU « réaffirme la solidarité des Nations Unies envers le gouvernement et le peuple du Nigeria dans leurs efforts pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent, et souligne l’importance de traduire les auteurs en justice », poursuit le texte.

