Au Nigeria, plus de 160 chrétiens ont été enlevés lors d’une attaque menée par des gangs armés, dimanche 18 janvier. Cette attaque a visé deux églises d’un village de l’État de Kaduna, dans le nord du pays, ont indiqué lundi 19 janvier un membre du clergé chrétien et un rapport de sécurité de l’ONU. Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, connaît une résurgence des kidnappings de masse depuis novembre 2025. Ceci avait poussé Donald Trump à mener des frappes militaires le 25 décembre dans le nord-ouest du Nigeria. Le président des États-Unis accuse des groupes armés nigérians de persécuter les chrétiens qui sont, selon lui, victimes d’un « génocide », rapporte Le Monde. Dimanche, des assaillants « ont bloqué l’entrée des églises et ont forcé les fidèles à sortir dans la brousse », a déclaré le révérend Joseph Hayab, président de l’Association chrétienne du Nigeria pour le nord du pays.
Au total, 163 personnes ont été enlevées lors de cette attaque. De son côté, la police de l’État de Kaduna n’a pas confirmé l’attaque. « Il n’y a aucune information faisant état d’une attaque ou d’un enlèvement », a déclaré le commissaire de police Muhammad Rabiu. « Seuls les politiciens nient l’enlèvement de nos gens », a répondu le chef local de Kurmin Wali. « Nous avons désormais 166 personnes entre les mains des ravisseurs », a-t-il assuré. Début novembre plus de 300 élèves et professeurs d’une école catholique du centre du pays ont été enlevés. Ils ont depuis été libérés, mais cela avait profondément choqué le pays, presque divisé entre un nord majoritairement musulman et un sud principalement chrétien. Fin novembre, le président nigérian Bola Tinubu a déclaré l’état d’urgence et a recruté des militaires et des policiers pour lutter contre l’insécurité dans le pays.
Des enlèvements fréquents au Nigeria
Au Nigeria, les enlèvements de masse sont fréquents. Ils sont généralement perpétrés par des gangs criminels, désignés sous le terme de « bandits » qui demandent des rançons. Le 23 décembre, le directeur du Centre national de lutte antiterroriste (NCTC), le major général Adamu Laka, a regretté que le paiement des rançons demeure une source de financement importante pour les groupes terroristes au Nigeria. Selon lui, le kidnapping est vu comme une façon de se faire de l’argent rapidement. « Certains organisent même leur propre kidnapping ! Avec l’aide de l’intelligence artificielle, qui permet de modifier leur voix pour se faire passer pour un terroriste, par exemple, ils empochent l’argent et réapparaissent ensuite », a-t-il détaillé dans des propos rapportés par RFI.
Le major général Adamu Laka pointe la responsabilité des « points de vente » (POS) des milliers d’agents munis de terminaux bancaires, qui permettent aux Nigérians de retirer du liquide, de payer leurs factures ou de transférer de l’argent sans passer par une banque. Ils opèrent souvent sans réelle supervision. « Lorsqu’une victime transfère l’argent d’une rançon à un terroriste, et qu’on regarde le numéro de compte, souvent c’est celui d’un agent de paiement », a déploré le directeur du (NCTC). Pour récupérer leur argent, les kidnappeurs donnent ensuite le numéro de compte d’un terminal bancaire public sur lequel est transférée la rançon.

