L’Iran et les États-Unis pourraient prochainement entamer des discussions sur le nucléaire. Une rencontre entre l’émissaire américain Steve Witkoff et le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi est prévue vendredi 6 février en Turquie. Alors que le président américain a menacé d’une intervention militaire et a envoyé une dizaine de navires dans le Golfe, l’Iran, déjà affaibli par une contestation interne, n’est pas en position de force. Les États-Unis souhaitent des concessions dans plusieurs domaines. Ils demandent la fin du soutien de l’Iran à ses bras armés dans la région, comme le Hezbollah et les Houthis, mais aussi l’arrêt total de l’enrichissement de l’uranium et la limitation de son programme balistique, détaille RFI.

Cependant, après un accord en 2015 lors duquel l’Iran a accepté un programme de surveillance de la part de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le pays ne souhaite pas aller plus loin. Si l’Iran accepte de ne pas développer d’armes nucléaires, « en contrepartie, nous attendons une levée des sanctions », rappelle le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi. Le président iranien Masoud Pezeshkian a demandé à son ministre des Affaires étrangères de « mener des négociations équitables (…) dans le cadre de nos intérêts nationaux ». Si une réunion se tenait entre Américains et Iraniens vendredi 6 février, il s’agirait de la première depuis la guerre des 12 jours déclenchée par Israël contre l’Iran en juin 2025.

Des relations tendues entre l’Iran et les États-Unis

Mardi 3 février, l’armée américaine a abattu un drone iranien qui s’était approché d’un porte-avions américain en mer d’Arabie. Cependant, la Maison-Blanche a confirmé que les discussions prévues en fin de semaine restaient maintenues. Depuis le mois de janvier et le mouvement de contestation réprimé dans le sang en Iran, les deux pays oscillent entre menaces et ouvertures au dialogue, relate La Croix. En plus du drone abattu par les États-Unis, un autre incident s’est produit dans les eaux du Moyen-Orient mardi. Le commandement américain pour la région (Centcom) a confirmé que deux bateaux armés iraniens et un drone s’étaient approchés « à grande vitesse » d’un pétrolier sous pavillon américain.

Auparavant, l’agence de presse iranienne avait indiqué qu’un navire était entré « illégalement » dans le détroit d’Ormuz et « dans les eaux territoriales iraniennes ». Après un avertissement, le bateau a immédiatement quitté la zone. En cas d’attaque américaine, l’Iran a menacé de bloquer le détroit, qui constitue un passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Les deux pays semblent vouloir donner une chance au dialogue. S’il aboutit, cela sera « super », mais dans le cas contraire « de mauvaises choses se produiraient probablement », a prévenu Donald Trump. La France souhaite que les discussions entre l’Iran et les États-Unis mettent fin à la « répression » de Téhéran, « avant de traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes ».