La réalisation d’un État palestinien s’éloigne d’autant plus que le projet israélien avance. Ce dernier a franchi une nouvelle étape dans les territoires occupés illégalement en Cisjordanie, dimanche 8 février. À cette date, le gouvernement israélien a voté une série de mesures techniques visant à faciliter, à accélérer et à amplifier le développement des nouvelles colonies, illégales au regard du droit international, en Cisjordanie. Un projet politique synthétisé par la formule du ministre suprémaciste d’extrême droite Bezalel Smotrich, et cité par Le Monde : « Nous renforçons notre emprise sur le terrain et mettons fin à l’idée de la création d’un Etat terroriste arabe au cœur du pays », a-t-il déclaré.
Selon la députée européenne palestinienne, Rima Hassan : « ce dimanche, le gouvernement israélien a introduit des règlements permettant d’accélérer la colonisation israélienne et le pouvoir de l’occupant en Cisjordanie, où vivent environ 3 000 000 de Palestiniens et plus de 700 000 colons illégaux ». Concrètement, « les règlements retirent des compétences à l’Autorité palestinienne dans les zones A et B et transfèrent à Israël le pouvoir d’administration de certains sites religieux, dont ceux placés sous le contrôle de l’autorité palestinienne à Hébron. » Une manière de remettre en cause le peu de ce qu’il restait des accords d’Oslo signés en 1993. Comme le souligne Le Monde, qui cite l’entourage de M. Smotrich : « Les Juifs vont pouvoir acheter en Judée-Samarie comme à Tel-Aviv ou Jérusalem ». Le terme Judée-Samarie étant utilisé pour remplacer, dans les mots, la dénomination de Cisjordanie.
La Cisjordanie définitivement annexée ?
De plus, il sera également possible pour les Israéliens d’acheter des terres, même si l’on peut suivre le registre de propriétaires à qui cette dernière appartenait. Le registre était ici l’un des derniers obstacles à la colonisation. « Cette mesure donnera à un petit nombre de colons le pouvoir de déterminer les réalités politiques sur le terrain sans intervention du gouvernement », a relevé l’ONG israélienne Peace Now.
Depuis octobre 2023, plus de 1 000 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne et par les colons. On compte également 20 000 arrestations en Cisjordanie et de nombreux actes de tortures et de violences sexuelles dans les prisons. L’autorité palestinienne a dénoncé une « escalade sans précédent visant la présence palestinienne et ses droits nationaux et historiques sur l’ensemble du territoire palestinien ». Impuissante, l’autorité souligne dans son communiqué « la mise en œuvre pratique des plans d’annexion et de déplacement ». De son côté, l’Union européenne n’a que timidement critiqué « un nouveau pas dans la mauvaise direction ».

