La question mérite d’être posée ! Le mot biblique par excellence pour parler des relations humaines est celui de « prochain ». Le prochain, par définition, est « proche ». Ce n’est pas seulement la connotation du mot en français : c’est aussi le cas pour le mot grec employé dans le Nouveau Testament. Le mot hébreu de l’Ancien Testament est moins précis mais le sens n’est pas très différent. Il désigne un ami, un compagnon, un voisin, un associé. 

Le texte du Lévitique qui énonce le commandement de l’amour du prochain dit : 

Tu n’iras pas calomnier ceux de ton peuple. Tu ne réclameras pas injustement la mort de ton prochain. Je suis l’Éternel. Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur ; tu auras soin de reprendre ton compatriote, mais tu ne te chargeras pas d’un péché à cause de lui. Tu ne te vengeras pas, et tu ne garderas pas de rancune envers les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel. (Lévitique 19.16-18 – Bible à la Colombe)

Les termes soulignés en gras donnent bien l’impression d’être des synonymes et ils nous parlent de proximité « géographique », de la vie au sein d’un même peuple, sur une terre partagée. L’amour du prochain met au premier plan les relations concrètes, réelles, interpersonnelles davantage que « l’humanité » ou vaguement « tout le […]