Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a alerté, mardi 3 mars, sur la situation humanitaire en Somalie qui risque de s’aggraver de façon « imminente ». L’organisation humanitaire estime que des millions de personnes sont exposées à un risque de famine à cause de la sécheresse. La Croix-Rouge redoute un retour aux niveaux de famine observés en 2022. « Si les pluies tardent encore à venir, seul un renforcement massif de l’aide humanitaire pourra empêcher des millions de personnes de sombrer davantage dans une situation d’urgence alimentaire », alerte l’organisation dans un communiqué cité par Le Monde. Dans un communiqué publié le 25 février, l’Organisation des Nations Unies (ONU) avait alerté sur le fait que le nombre de personnes affamées avait quasiment doublé en Somalie en un an.
Entre 2025 et 2026, le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë a atteint 6,5 millions de personnes, indique l’ONU dans son communiqué. Selon une analyse de la plateforme de surveillance appelée Cadre intégré de la classification de la sécurité alimentaire, plus de 1,8 million d’enfants de moins de 5 ans risquent de souffrir de malnutrition aiguë d’ici le mois de juin. Cette analyse révèle qu’en 2026 1,84 million de jeunes enfants souffrent ou souffriront de malnutrition aiguë, dont 483 000 cas de malnutrition aiguë sévère. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) rappelle que cette affection, aussi appelée émaciation sévère, est la forme la plus mortelle de malnutrition.
L’aide alimentaire pourrait s’arrêter en Somalie dès avril
La situation en Somalie est aggravée par « un contexte de forte diminution des financements humanitaires distribués [au pays] », a ajouté le CICR. « De nombreuses organisations sont contraintes de mettre fin à des programmes, réduisant ainsi le soutien apporté aux populations sous forme d’aide alimentaire et d’approvisionnement en eau, de soins médicaux et d’appui aux moyens de subsistance, alors même que les besoins ne cessent d’augmenter », a-t-il précisé. Le 20 février, le Programme alimentaire mondial (PAM), agence de l’ONU, avait déjà prévenu que l’aide alimentaire pourrait s’arrêter en Somalie dès le mois d’avril. Au total, il estime que 95 millions de dollars sont nécessaires entre mars et août 2026 pour maintenir l’aide vitale aux populations touchées par l’insécurité alimentaire.
Le CICR explique que la situation est critique en Somalie en raison de l’effondrement de l’élevage, affaibli par des chocs climatiques répétés et dont dépend 60% de la population pour vivre. Les combats qui secouent le pays ont provoqué des déplacements, le tout aggravé par la sécheresse. « Si la pluie n’arrive pas bientôt, la situation deviendra désespérée », se désole Mohamed Sheikh, qui supervise les opérations du CICR dans la région de Galguduud, dans l’extrême est du pays, en bordure de l’océan Indien. Pour faire face, la plateforme de surveillance de la sécurité alimentaire, soutenue par l’ONU, préconise un renforcement urgent de l’aide humanitaire vitale dans les zones critiques, mais aussi l’intensification de l’aide dans les zones rurales et mal desservies. Elle recommande également le renforcement de la coordination pour faciliter une réponse combinant sécurité alimentaire, nutrition, santé, eau, assainissement et hygiène, ainsi que l’amélioration du ciblage de l’aide humanitaire.

