Le Programme alimentaire mondial (PAM), agence de l’ONU, a prévenu, vendredi 20 février, que l’aide fournie à la Somalie pourrait « s’arrêter complètement » d’ici au mois d’avril. « La sécheresse, les inondations, les conflits, les prix élevés des denrées alimentaires et la diminution des récoltes poussent les familles somaliennes au bord de la faim », a indiqué le PAM sur son site. Il relève que 95 millions de dollars sont nécessaires pour maintenir l’aide vitale aux populations touchées par l’insécurité alimentaire entre mars et août 2026. Au total, l’agence de l’ONU indique qu’en Somalie, 4,4 millions de personnes sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë, soit un quart de la population. De plus, 1,8 million d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë.
Le Programme alimentaire mondial rappelle qu’il répond aux besoins d’urgence, mais qu’il met aussi en œuvre des initiatives à long terme pour mettre fin aux causes profondes de la faim. En Somalie, « notre objectif est d’apporter une aide alimentaire vitale à 820 000 personnes chaque mois », ajoute le PAM. Toutefois, il dénonce « un déficit de financement critique » qui l’oblige à établir des priorités et à réduire, voire interrompre « l’aide à un moment où la faim est à nouveau en hausse ». Dans un communiqué, l’agence dit avoir été contrainte à réduire à un peu plus de 600 000 le nombre de personnes recevant une aide alimentaire d’urgence, contre 2,2 millions de personnes au début de l’année 2025. « Sans financement immédiat, le PAM sera contraint de mettre fin à son aide humanitaire d’ici avril », prévient l’agence.
Des conséquences « dévastatrices » en Somalie
« La situation se détériore à un rythme alarmant. Les familles ont tout perdu et beaucoup sont déjà au bord du gouffre. Sans aide alimentaire d’urgence immédiate, les conditions vont rapidement empirer », a affirmé, dans un communiqué, Ross Smith, directeur de la préparation et de la réponse aux situations d’urgence du PAM. Il alerte également sur les conséquences humanitaires, sécuritaires et économiques « dévastatrices » de la fin de l’aide qui pourrait avoir des répercussions « bien au-delà des frontières de la Somalie ». L’agence onusienne redoute un scénario similaire à celui de 2022, lorsque la plus longue sécheresse jamais enregistrée avait conduit le pays au bord de la famine. À l’époque, le PAM avait lancé une campagne d’aide humanitaire, soutenue par des donateurs, des partenaires et du gouvernement qui avait contribué à « éviter la famine ».
Au début de l’année 2026, les États-Unis avaient suspendu tous leurs « programmes d’assistance » à la Somalie après la diffusion d’informations selon lesquelles des responsables somaliens avaient « détruit un entrepôt du Programme alimentaire mondial financé par les États-Unis » et « saisi illégalement » l’aide alimentaire qui s’y trouvait, rapporte franceinfo. Cependant, le 29 janvier, Washington a déclaré reprendre son aide alimentaire à la Somalie.

